Des sculptures exclusivement horizontales, exposées à même au sol, à la Monnaie de Paris.

L'immense sculpture de James Lee Byars, "Red Angel of Marseille", à la Monnaie de Paris
L'immense sculpture de James Lee Byars, "Red Angel of Marseille", à la Monnaie de Paris © Radio France / Julien Baldacchino

Julien Baldacchino est journaliste web à la rédaction de France Inter

A l'occasion de son 40ème anniversaire, le Centre Pompidou expose une belle série de ses sculptures au sein de la Monnaie de Paris. Véritable déambulation au fil des salles du haut lieu parisien, l'exposition "À Pied d'œuvre(s)" donne à voir, au sol, des œuvres mythiques et spectaculaires signées Marcel Duchamp, Pipilotti Rist, Robert Smithson, James Lee Byars ou encore Alberto Giacometti.

Conçu par la nouvelle responsable de la programmation du lieu, Camille Morineau, cette exposition est entièrement consacrée à l'art de la sculpture qui s'étend à la surface du sol plutôt qu'en hauteur. Une discipline qui rompt avec ce que l'on connaît de la sculpture classique mais qui est aussi vieille que l'art contemporain : pour preuve, l'une des oeuvres exposées est un porte-manteau que Marcel Duchamp avait choisi de visser au sol plutôt qu'au mur. Comme lui, parmi les pionniers, Alberto Giacommetti et Yves Klein ont choisi de mettre leurs oeuvres à plat.

"La femme égorgée" de Giacommetti
"La femme égorgée" de Giacommetti © Radio France

L'exposition prend le terme de "sculpture" au sens large et propose une grande diversité de formats, de la sculpture classique à la vidéo en passant par la performance. Avec ses mesuRAGES du Centre Pompidou, l'artiste ORLAN s'est mis elle-même à plat à la fin des années 70 pour prendre les mesures du célèbre bâtiment en choisissant son propre corps comme référentiel et remettre la femme au centre d'une institution dont elle est en partie exclue. Les traces de cette performance sont visible dans l'exposition.

Autre point intéressant : l'accrochage mixe des matériaux de récupération ou très fragiles (comme un marteau et des clous) et d'autres beaucoup plus nobles.

"Interaction avec marteau et cloud" de Jean-Luc Vilmouth, dans l'exposition à la Monnaie de Paris
"Interaction avec marteau et cloud" de Jean-Luc Vilmouth, dans l'exposition à la Monnaie de Paris © Radio France

On passe ainsi, en ouverture de l'exposition, d'une sculpture de Michel Blazy réalisée entièrement en papier toilette (donc très fragile), à une impressionnante arabesque faite de 1.000 sphères parfaites de verre, signée James Lee Byars. Une variété de matériaux qui rejoint l'idée d'alchimie, de transformation du trivial en précieux, abordée par plusieurs artistes.

Plus de 1.000 feuilles de papier toilette ont servi à la conception de cette sculpture par Michel Blazy
Plus de 1.000 feuilles de papier toilette ont servi à la conception de cette sculpture par Michel Blazy © Radio France

Entre ces deux œuvres, figure une autre pièce très forte, une vidéo de l'artiste suisse Pipilotti Rist, intitulée "A la belle étoile". Un film qui a la particularité d'être projeté au sol, pour que les visiteurs "marchent dessus"' et se retrouvent immergés dans une atmosphère planante et englobante, voulue par cette artiste qui privilégie les oeuvres au message positif et optimiste.

Vue de l'installation "A la belle étoile" de Pipilotti Rist
Vue de l'installation "A la belle étoile" de Pipilotti Rist © Radio France
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