Anne Douhaire est éditrice web à France Inter. Elle a aimé la BD, La Paresse du Panda , de Fred Bernard parue chez Casterman. Elle vous la présente.

Couverture de La Paresse du Panda
Couverture de La Paresse du Panda © Casterman / Fred Bernard

La Paresse du Panda, de Fred Bernard, une ascension familiale dans les brumes chinoises.

Sortie du dernier tome des aventures de Jeanne Picquigny. De livre en livre, cette série, qui traverse le monde et le XXe siècle, dresse le portrait d’une famille qui fait la part belle aux femmes, et aux rêves.

La sortie d’un nouvel album de Fred Bernard est toujours une bonne nouvelle. La Paresse du Panda est le cinquième opus des aventures de Jeanne Picquigny, une saga démarrée en 2003. On retrouve avec plaisir cet univers épique très féminin. Car chez Fred Bernard, les héros sont des héroïnes. À commencer par la première d’entre elles : la grand-mère, Jeanne Picquigny. Dans le premier tome,La Tendresse des Crocodiles , on assistait à sa jeunesse en 1922 et à sa vie de jeune femme avant-gardiste qui, après avoir pris un mari, partait sur les traces de son père en Afrique…

Ce continent n’a été d’ailleurs que le premier d’une longue série de voyages : États-Unis, Cuba, Inde… Les destinations se succèdent, décors présents et prégnants des quêtes des héroïnes. Dans La Paresse du Panda , c’est la Chine qui sert de toile de fond à l’histoire racontée par la petite fille de Jeanne, Lily Love Peacock, depuis la maison de sa grand-mère en Bourgogne, point d’ancrage de la famille.

On retrouve aussi les animaux et la nature, auxquels Fred Bernard rend hommage et qu’il fait souvent parler. Pandas et léopards des neiges participent activement à l’atmosphère onirique qui se dégage de ces histoires. Le dessin en noir et blanc, pas trop léché, laisse la place à l’imaginaire. Ici, il s’allège encore et devient plus sobre. Mais sert toujours des histoires incroyables.

La Paresse du Panda, de Fred Bernard, chez Casterman.

Rencontre avec Fred Bernard

Comment écrivez-vous vos histoires ?

Je ne fais pas de story board, et pas trop de crayonné. Mais j’amasse une documentation importante sur l’époque de Jeanne Picquigny, l’époque coloniale . J’écris d’abord les dialogues, parce que c’est par ça que tout passe. Il y a bien sûr les attitudes corporelles, mais l’important est ce qu’on dit.

Si je ne dessine pas de story board, c’est parce que je commence toujours par les moments incontournables de l’histoire et j’articule ça petit à petit,je raccroche les wagons. Je peux m’autoriser des ellipses. Ce procédé m’apporte un plaisir énorme parce que je ne sais pas où je vais à 100%. Comme dans une course de ski : il y a des portes, mais je ne les passe pas toutes. Je peux prendre des courbes qui font que si moi je ne m’ennuie pas, si je ne sais pas exactement ce qu’il va se passer, le lecteur est dans la même situation… Et moi en tant que lecteur, si le tunnel est trop bien éclairé, je m’ennuie, j’attends la sortie. Mais là, avec cet inconnu, je frétille, mon enthousiasme reste intact du début à la fin.

Les animaux sont très présents dans vos livres, quel rôle jouent-ils ?

C’est mon rêve, avorté, de vétérinaire, j’ai fait un bac S, puis finalement je suis allé aux Beaux-Arts. J’adore dessiner la Nature. D’ailleurs, quand j’étais petit, je contournais l’obstacle du corps humain, dessinant surtout des animaux parce que je n’arrivais à bien dessiner les hommes et les femmes. J’adore dessiner les animaux, mais je n’avais pas envie de faire Picsou. Ce sont donc de vrais animaux. Mes personnages en croisent et ont aussi des animaux de compagnie : des chats, des chiens, des tortues. Je leur passe souvent la parole, parce que j’aime bien décaler le propos.Pratt faisait ça aussi. J’aime bien engager le propos sur quelque chose qui se passe entre des animaux, ou des objets. Après un moment, on découvre qui parle effectivement. Ça ajoute de la surprise au récit. Je fais « parler» un peu tout. Les plantes aussi.

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