Christine Siméone est journaliste culture au pôle web de la rédaction de France Inter

Elle a lu le dernier livre de l'auteur slovène Drago Jančar : Six mois dans la vie de Ciril, paru aux éditions Phébus.

C’est au son de la Marche Turque de Mozart et de son rondo que Drago Jančar raconte la vie d’un violoniste.

On le trouve dans le métro de Vienne, jouant pour les passants, acceptant la pièce que lui donnera systématiquement une vieille dame chargée de paquets.

Le roman commence de cette manière :

Le violoniste ne pouvait pas savoir que c’était bel et bien son destin qui descendait d’un pas un peu incertain l’escalier de la station Schottentor.

L’homme qui marche d’un pas incertain s’appelle Stefan, va donner une pièce et Ciril va répondre naturellement en slovène. Une conversation s’engage, puis un dîner, puis une nuit, puis des jours et ainsi de suite, jusqu’à Lubjana, où Stefan a ses affaires.

Quelles affaires ? C’est ce que Ciril, qui devient son conseiller, va explorer. Page 96 il se demande encore pourquoi il a suivi Stefan. S’il avait de l’argent il « pourrait faire quelque chose d’important. Il ne marcherait pas au bord du cercle, il irait au milieu là où tourne l’axe invisible de son rondo. »

Violoniste, il aurait pu être ethnologue, ou être admis dans un conservatoire. En six mois, Jančar nous livre le condensé de la vie d’un homme, ses interrogations fondamentales et la vanité de toute chose.

Drago Jančar est le plus grand écrivain slovène, le plus européen d’entre eux.

Il est en né en 1948. Il a été Yougoslave avant d’être Slovène.

Comme tous les Yougoslaves il a vécu la guerre et la dislocation de son pays. Comme quelques-uns il s’est porté au secours des habitants de Sarajevo pendant le siège de la ville.

Il a l’idée de résistance chevillée au corps. Que ce soit sous Tito, ou pendant la guerre.

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