Au programme aujourd’hui, un filet de harangue gracieusement nommé : « Harangue de Rahan » !

Cuisinières, cuisiniers, chasseurs, cueilleuses, pêcheurs, pécheresses...

Au lendemain du premier avril et de ses farces poissonnières me vient une envie de harangue.

Je m’en vais de ce pas vous servir un filet de harangue gracieusement nommé : « Harangue de Rahan »

Rahan, fils de Craô, homme des âges farouches, harangue donc son petit petit petit petit petit petit ….fils, Aymeric, fils de Caron, homme des âges effarouchés.

« Cher petit. Petit, petit, petit, petit……fils, j'apprends que tu as décidé de te passer des animaux, dans ton assiette et dans ta penderie. Tu es devenu antispeciste. Moi, il y a 100 000 ans, vêtu de peau de bête, la cuisse à l’air, le coutelas dressé, avec mes potes homo… Sapiens ! François Régis, enfin ! Homo Sapiens ! Avec mes potes bipèdes, nous courrions, parfois même sans pagne (sans pagne pour tout le monde !) au cul du mammouth avec des arrières pensées de barbeuk… Enfin, la moitié du temps, l'autre étant consacrée à sauver notre couenne en détalant dare dare devant les tigres à dents de sabre. Bon ok c'était un peu sportif, on vivait pas vieux, mais on était en super forme... Ou alors on était bouffé tout cru! Pas le choix donc pas d'états d'âme.

Les bestioles, que ce soient nos proies ou nos prédateurs, c'était des gens comme nous! On se respectait pareil! On était antispéciste quoi! On vivait des rentes de la Nature et on lui payait aussi son tribut, comme les autres bêtes, on était en équilibre, on aurait pu vivre... (je chante Nino Ferrer)… Plus d'un millions d'années. Mais ça n'a pas duré! Tu vois Aymeric, notre problème à nous les sapiens, c'est qu'on est trop malins, ou alors pas assez. Trop malins pour rester confinés dans notre niche écologique et pas assez pour prendre conscience de nos actes. Nous sommes la seule espèce animale qui ne voit pas les limites de ses ressources. On est devenus si nombreux qu'il nous a fallu produire au lieu de prélever, pas le choix.

La culture a pris le pas sur la nature : le début des emmerdements. Ben oui, c'est pas parce qu'on produit du vivant que le vivant est un produit! Et toi Aymeric, tu ne les supportes plus ces souffrances et ces holocaustes permanents. Ça te révolte que les humains se placent au-dessus des bêtes alors qu'ils sont à peine un poil plus futés. Alors tu veux sortir de là, tu ne veux plus que les bêtes te nourrissent ou t'habillent. Et si Rahan te harangue Aymeric comme rarement on te haranguera, (pardon je m'éclaircis la voix) c'est pour te dire que c'est pas en boudant le bifteck et le vison qu'on va régler le problème! La vraie question n'est pas de savoir si une bête, humaine ou pas, a le droit d'en bouffer une autre.

La vraie question aujourd'hui c'est de savoir combien et comment produire et se reproduire. Produire moins de bêtes (humaines ou pas), moins bêtement. Car si vous voulez durer sur cette planète mes petits petits petits.....enfants, il vous faut créer un nouvel équilibre du vivant, vivre à nouveau des rentes et arrêter de taper dans le capital. Peut-être qu'en faisant moins de petits et en poussant moins le caddie chez Mammouth vous y arriverez. Je sais Mammouth a disparu, et d'ailleurs moi aussi. Et vous aussi bientôt...

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