Plus que rire, fumer est le propre de l'homme. Pas de fumée sans feu, pas de foyer sans femme, comme disait Landru. Aucune autre espèce que l'humain ne cuit ses aliments, du moins à ma connaissance.

Beaucoup d'animaux font fermenter des plantes, certains pratiquent l'élevage voire la traite, d'autres se servent d'outils pour transformer leur pitance. Mais nous seuls les humains avons créé nos civilisations autour du feu.

Pas étonnant que nous soyons aussi sensibles aux fumets du fumé, ils nous rappellent la caverne, la chaumière, l'âcre odeur de l’aïeule se réchauffant dans l’âtre. Même chimiquement reproduit, dans les sauces industrielles ou dans les fumaisons de bas étage, le goût fumé séduit parce qu'il rallume en nous le feu du souvenir, la chaleur du foyer…

La fumée, cette matière impalpable, est le cordon le plus costaud qui nous ramène à la maison. Nous sommes passés du bois qui brûle au charbon puis au gaz, puis à la résistance électrique et enfin à l’induction électro magnétique et aux micro ondes. Certes bien pratiques, ces progrès techniques nous ont, gentiment, éloignés du feu.

Et c’est dommage!

Il y a, dans le fait de se réunir autour des flammes pour échanger et rôtir des propos et des châtaignes, surveiller la soupe ou fumer des poissons, quelque chose qui nous constitue profondément.

C’est peut être la magie? La magie du feu? Celle qui nous a tenus ensemble pendant des millénaires, et au fond de nous, nous sentons bien qu’il ne faut pas la laisser s’éteindre, qu’il faut en garder une étincelle. D’où le succès croissant des barbecues, braseros et fours à bois : dès qu’on peut, on se groupe autour d’un feu, sardines et chamallows, merguez ou Hughes Aufray, tout est prétexte à se faire hypnotiser par les flammes.

Et c’est très bien, utilisé proprement, le bois qui brûle s’avère une bonne piste pour la transition énergétique; Poêles de masse, fourneaux à bois, cheminées à foyer fermé, voilà l’avenir pour se chauffer, prendre son bain, faire le pain et la cuisine. Et réjouissons-nous, l’agroforesterie, ce grand retour de l’arbre dans les cultures, gagne du terrain. Il y aura donc de plus en plus de bois de chauffage, de moins en moins cher. Et fendre du bois, ça fait de jolis bras. 

  • Aujourd’hui le hachis fumé à l’herbe, une recette de Bob Magret

Il vous faut évidemment choisir de la bonne herbe. L’herbe de saint Fraimbault! Le foin spécial cuisine des Freaks Brothers euh pardon, des frères Delangle, Michel et Alain.

Procurez vous dans un bazar le plus basique des couscoussiers et faites vous à l’idée qu’il sera votre fumoir et rien d’autre. la fumée c’est têtu.

Pour le hachis, rien de plus simple, du confit de canard effiloché, du bon pain rassis trempé dans du lait, de l’ail écrasé, du persil haché. 1 oeuf pour lier, on mélange bien et longtemps, on façonne des boules que l’on aplatit sur une poêle chaude et on en colore les deux faces.

On cuit gentiment. Posons les dans la partie supérieure du couscous… : du fumoir que nous aurons huilée d’un doigt léger.

Maintenant, fumons le hachis ! Une bonne dose d’herbe au fond de la partie inférieure, on y met le feu et on étouffe avec le couvercle pour que la combustion se fasse sans flamme.

Et ça fume! On peut doser cette fumée à son goût en ouvrant plus ou moins le couvercle. Evidemment, c’est mieux de fumer dans la cheminée où sur le balcon, fumons le hachis sans enfumer les convives!

Servons sur un lit de vinaigrette liée au champignon cru…. champignon de Paris, François Régis, pas hallucinogène!

Allez, fumez, braisez, et vivez joyeux!!!

Le site des frères Delangle
 

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