Éleveuses, éleveurs, Auditeuses, auditeurs. Laissez-moi vous raconter une histoire… Une histoire qui m’émeuuhh

Au tout début, il y a environ dix mille ans Dans les vertes prairies de Mésopotamie Il y avait un groupe qui jouait 

C’était un groupe d’aurochs 

Oui d’auroch : deux mètres au garrot, huit cents kilos, des cornes comak 

Un petit groupe cependant : 80 membres à peine ! Mais quels membres, François Régis !

Figurez-vous que c’est ce petit groupe d’auroch qui a engendré nos milliards de vaches ! Dans la revue Molecular Biology and Evolution de septembre 2012, savantes et savants l'affirment : Tous nos bovidés domestiques descendent directement de 80 sujets seulement issus du même groupe ! L’ADN a meuglé : toutes nos vaches sont des enfants d’aurochs 

Ça en fait des groupies… des groupies à gros pis ! 

On peut se demander comment nos ancêtres s’y sont pris pour domestiquer l’auroch 

Pas si simple ! C’est hard, l’auroch ! Imaginez FR, capturer l'énorme bestiole, déjà, l'exploit ! 

Sacrés cow boys, nos aïeux ! Mais ensuite, garder le monstre en captivité, choisir et apprivoiser ses petits les plus dociles, pendant des générations... 

Sélectionner inlassablement pour obtenir de la vache qui bosse, qui fait du lait, de la viande, du cuir. Une vache qui, en chiant, enrichit les champs 

Faire de cette bestiole un véritable patrimoine sur pattes et créer ainsi les premiers systèmes économiques à partir des troupeaux. Moi, tout ça, ça m'émeuuuhh Mais du coup une question se pose : Les vaches anciennes, c’était quand exactement ? 

C'est où « l'ancien » dans cette évolution continue et tellement variée ? Quand on se met à parler de vaches à l’ancienne, de pratiques à l'ancienne, de blanquette à Lucienne... 

C'est que l'actuel ne nous va pas 

En fait, j'ai l'impression que quand on dit « races anciennes », on évoque le moment dans notre histoire où ces vaches étaient parfaitement adaptées à ce qu'on attendait d'elles 

Et l'important c'est ça : qu'attendons-nous de nos vaches aujourd'hui ? Est-ce que l'on doit continuer avec l'animal-machine, dépendant du pétrole et produisant à jet continu viandes et laits de piètre qualité ?

Une industrie de l'animal avec ses usines à gaz comme les fermes de mille vaches ? Ou voulons-nous des animaux bien traités, vivant paisiblement, parfaitement intégrés dans leurs écosystèmes ? 

Des vaches donnant du bon lait, de la bonne viande, certes en moindre quantité mais qui nous coûtent tellement moins cher collectivement. De la vache qui ait de la valeur. 

De la vache qui veau !! 

C'est à nous tous, par nos choix de consommation, de faire émerger l'agriculture du vivant, celle qui produit de la biodiversité, qui élève des vaches parfaitement adaptées à leur paysage et qui donc ne sont jamais identiques car ces paysages ne le sont pas non plus. 

La seule agriculture qui puisse à la fois nous nourrir comme il faut et garder notre planète habitable. Une agriculture moderne, débarrassée de la chimie et n'épuisant plus ses sols, Une agriculture qui ne fait plus la guerre au vivant mais qui le protège tout en en produisant, Une agriculture avec plein de biodiversité dedans qui nous assure durablement le gîte et le couvert 

Et c’est de ça dont nous avons besoin. 

Vachement !

  • Livre recommandé par Arnaud Daguin : 
  • "L'assiette est dans le pré : mieux manger fait mieux vivre les paysans" de Frédéric Denhez -Paru le 5 octobre 2017 - Editeur Delachaux et Niestlé
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