Après plus d’un siècle de main mise de la science « dure » sur l’agronomie et donc de mise en modèles des itinéraires techniques de culture, le bilan est là : les rendements plafonnent, les coûts de production augmentent, l’érosion gagne du terrain et nous perdons de plus en plus de biodiversité.

Photo d'un scientifique examinant des plantes génétiquement modifiées en laboratoire.
Photo d'un scientifique examinant des plantes génétiquement modifiées en laboratoire. © Getty / Hero Images

Bref, comme pas mal de civilisations humaines partout sur Terre et tout au long de notre Histoire, nous fabriquons du désert.  Et paradoxalement, la science et les technologies progressant, nous le faisons de plus en plus vite et de plus en plus « efficacement ».

On pourrait faire un historique depuis Olivier de Serres, celui qui a commencé à théoriser l’agronomie, jusqu’aux bio-technologies les plus avancées en passant par les pionniers de la chimie, de la physique et de la génétique : Liebig, Mendel, Bosch etc… 

Un fait remarquable nous saute alors aux yeux : depuis la deuxième moitié du XIXe siècle : l’industrialisation de la guerre et celle de l’agriculture sont intimement liées. Pas tellement étonnant si l’on considère que dans l’ensemble, notre agriculture consiste à faire la guerre à une grande partie du Vivant dans le but de ne récolter que les survivants de cette guerre à savoir les produits (et animaux) que nous voulons consommer. 

Ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui est un changement de paradigme absolument fondamental et crucial pour notre avenir à tous sur Terre.

Nous sommes en train de comprendre que si nous voulons nourrir une humanité de plus en plus nombreuse sur une planète qui se réchauffe de plus en plus vite alors nous devons le faire AVEC le Vivant et non plus en luttant CONTRE lui.

Le Vivant, c’est bien sûr et d’abord la biodiversité, il est là le moteur de la fertilité.

Ce nouveau paradigme, appelons le Transition agro-écologique, n’est pas si nouveau que ça et pas mal de pionniers y travaillent depuis quelques décennies.

J’ai demandé à l’un d’entre eux, Konrad Schreiber, ancien paysan, aujourd’hui agronome et formateur, son point de vue sur le rôle de la science dans cette transition. Alors, comment faire travailler ensemble ceux qui produisent et ceux qui cherchent ? Konrad Schreiber a une petite idée.

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