Toute la semaine, une parenthèse 'en Santé' : les relations entre alimentation et bien vivre…Aujourd'hui, Arnaud Daguin présente un ami. Il est froid, il est lisse, il est chauve, et il n’a pas de 'couilles'… Non ce n’est pas un énarque. C’est son pote Stanley.

Le ver de terre l'allié de l'agriculture
Le ver de terre l'allié de l'agriculture © AFP / Claudius Thiriet / Biosphoto

Stanley Lombrick, le ver de terre

Stanley Lombrick, célèbre réalisateur du grand film du Vivant : “L’odyssée de l’espèce”, un chef d’oeuvre. Saviez-vous qu'Aristote l'appelait "l’intestin de la terre” ? Saviez-vous que tous les efforts de l'agriculture depuis les débuts du néolithique prétendent faire son boulot ? Et que malgré notre "génie" nous n'avons jamais su égaler Stanley en efficacité ? 

Son boulot ? C’est produire la fertilité ! C’est creuser des km de galeries et les tapisser de mucus  hyper-riche en nutriments, un lombric en forme remue 270 fois son poids de terre par an ! Et un sol vivant contient 3 millions de ces bestioles à l’hectare. C’est rendre les sols poreux afin que l’eau s’y infiltre et descende toute propre jusqu’aux nappes phréatiques, 400 m de galeries au M2 ça aide bien à drainer !

C’est structurer les sols en les collant de mucus afin que le premier orage venu ne les lessive pas vers les ruisseaux Peut-être aimerez-vous savoir aussi que Stanley est hermaphrodite ? Que sa sexualité est pour le moins…  éclectique et qu’il n'hésite  pas à se pisser dessus pour hydrater sa peau et garder sa fraîcheur scandinave ? 

Et comme Stanley est conscient de sa responsabilité dans l'écosystème, il pousse l'amabilité jusqu'à servir de festin d'oméga 3 aux poules et à leurs consœurs. Contrairement à nous, elles ne le méprisent pas. Et voilà que ce travail colossal, ces services inestimables, quoique peu spectaculaires, sont en baisse constante dans la majorité de nos sols agricoles.

Depuis au moins un siècle, nous faisons tout pour éliminer Stanley Lombrick 

En travaillant autant la terre et en utilisant la chimie pour fertiliser, nous lui ôtons le gîte et le couvert. Heureusement, avec le non-labour, les couverts permanents, l’agroforesterie, nous recommençons à voir de la vie dans les champs. Enfin Stanley revient et les charrues s’éloignent. 

Allez les vers ! Ne nous lâchez pas ! Votre salut est le nôtre. On ne prétendra plus faire le boulot mieux que vous ! On ne fera plus s'épuiser ces champs  immenses dépourvus d’arbres et de vie On va laisser vivre les sols pour vous encourager à entretenir cette éponge moelleuse et nourricière où s'épanouissent les racines. La santé de nos sols, de nos plantes, de nos animaux et donc, forcément la notre, dépend de la santé de Stanley et de tout le petit peuple souterrain du vivant. Que vive l’agroécologie ! Et à votre santé !  

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