Dernier épisode de la parenthèse « en Santé » d'Arnaud Daguin… Oui Nicolas, un oeuf est un oeuf me direz-vous. On va bien voir que non. Bien sûr tous les oeufs semblent égaux en cela qu'ils proviennent du même orifice. Mais là s'arrête leur égalité.

La preuve par l'oeuf
La preuve par l'oeuf © Getty / Pedro Umbelino / EyeEm

Deux boites de six posées sur le rayon côte à côte. Deux mondes ou plutôt, deux visions du monde qui se côtoient. L’oeuf industriel et l’oeuf agro forestier. D’un côté une “poule machine” à la vie atroce et brève, qu’on jette en fin de course. Une cocotte minute en quelque sorte. Des oeufs minables nutritionnellement. Des hangars surpeuplés avec des virus aux aguets et qu’on doit aseptiser en permanence Un producteur endetté pas très fier de son métier qui subit la variabilité des cours et dépend de l’argent public. De l’autre côté, on a une “poule heureuse” qui broute en liberté.

Les poules broutent ?

Oui Nicolas les poules broutent, et ce n’est pas qu’un contrepet. On a une poule, donc, qui nous offre ses oeufs, merveilles de nutrition, qui rend plein de services dans son écosystème. Une poule qui finit généreusement en potée nourricière. On a des parcours ombragés, des bâtiments naturellement climatisés et subtilement intégrés dans un beau paysage. Et un paysan optimiste, en forme qui jouit d’un indice élevé de “Bonheur Intérieur Brut”. Bien sûr, entre ces deux extrêmes, il y a tout un tas de nuances. L’essentiel, c’est que nous prenions en compte ces valeurs, afin de savoir pour quel monde on vote quand on dégaine la carte bleue.

Encore faudrait il que nous puissions les lire… ces valeurs.

On y travaille. Il n’est pas loin le jour où on pourra tout savoir sur notre oeuf, si il a stocké du carbone, fait pousser des fleurs, nourri des abeilles, filtré de l’eau et payé son ouvrier. Bien sûr on saura tout de ses qualités nutritionnelles. Mais ça, on pourra le sentir en le mangeant, notre oeuf agroforestier. Pondu par une poule épanouie, son goût est incomparable Alors bien sûr, s’il a tout bon, il sera plus cher mais lui, on ne le paiera qu’une fois.

On n’aura pas besoin de repasser à la caisse pour les dépollutions, les soins de santé, les compléments alimentaires et le revenu du producteur - comme vous le savez Nicolas 50% des revenus des paysans sont des aides publiques. Et si, en plus, la PAC servait à rémunérer les paysans pour les services rendus à nos bien communs : l’eau, l’air, le climat, la biodiversité - Tout ça se mesure fort bien alors, ceux qui produisent bien pourraient même vendre leurs produits bon marché et avoir néanmoins un bon revenu. 

C’est comme ça qu’on aura de très bons produits pour tout le monde, et c’est comme ça aussi que l’on remettra le système alimentaire dans le bon sens celui de la santé unique. La voilà mon cher Nicolas la preuve par l’oeuf et c’est ma thématique. Vivent les sols vivants et bonne santé unique !

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