Il est grand temps que nous ouvrions les yeux sur ces réalités. Que l’on apprécie ou pas le monde paysan, et quel que soit le regard que l’on porte sur l’agriculture, une chose est sûre : le destin des paysans est aussi le nôtre.

L'importance de l'humain dans l'agriculture
L'importance de l'humain dans l'agriculture © Getty / PeopleImages

« Pas de pays sans paysans » 

Voilà une vérité qui pourrait presque passer pour une Lapalissade et pourtant… Depuis le début du XXe siècle, 90% de nos paysans ont disparu.

L’industrialisation de notre agriculture, décidée en haut lieu et planifiée par nos dirigeants de l’époque nous a nourris pendant quelques décennies, mais à quel prix ? Souvenons nous de V. Giscard d’Estaing qualifiant l’agriculture française de « Pétrole vert ». La taylorisation, la spécialisation à outrance, la segmentation de plus en plus pointue des activités agricoles nous ont conduit à une impasse dont il s’agit aujourd’hui de sortir par le haut. Et c’est évidemment aux paysans, une fois de plus, que va revenir la lourde tâche de nous extraire de cette ornière.

Mais est-il possible qu’ils y arrivent ?

Certainement, mais pas tous seuls… C’est ensemble et tout au long des chaînes alimentaires que nous devons effectuer ce boulot. Une de ces conditions essentielles, c’est que la confiance revienne entre la majorité d’urbains que nous sommes et les paysans. La confiance et la reconnaissance.

Or pour « reconnaître » encore faut il avoir « connu ». Il est indispensable de renouer des liens entre urbains et paysans, liens qui de tous temps furent familiaux et qui se sont délités au fil des dernières décennies. J’ai demandé à Alain Delangle, éleveur bio à Saint Fraimbault dans l’Orne et créateur de l’association « Campacity » ce qu’était cette association. Elle invite les parisiens à venir lors de la fête des vendanges à Montmartre les 11, 12 et 13 octobre où nous fêterons le jumelage de St Fraimbault et du XVIIIe arrondissement.

Il est crucial aujourd’hui que nous ayons tous conscience que le métier de paysan EST un métier d’avenir, même si le présent semble nous montrer le contraire. Je ne résiste pas à vous citer in extenso un court texte de Gilles Luneau rédacteur en chef de « Global Magazine » première ONG de l’info dont je vous conseille d’ailleurs la lecture. Je le cite :

Paysan, au sens plein du mot, est un métier d’avenir. Dans une société écologique, assurer la souveraineté alimentaire, produire de l’énergie renouvelable, cultiver des plantes textiles, veiller sur la biodiversité domestique et sauvage et préserver la beauté d’un territoire va reposer en premier chef sur les paysans. Paysan va devenir le grand métier écologique et plus largement, plus philosophiquement, dans un monde de plus en plus urbain, les paysans vont devenir les médiateurs de la Nature, les pédagogues de l’insertion des êtres humains dans leur biotope.

Je ne sais pas vous, mais moi, c’est exactement comme ça que je les vois nos paysans. Alors, gardons notre sens de l’Humus, et cultivons nos liens.

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