NATUUUURE VS CULTUUUURE

Ce matin, en déchiffrant mon tube de Crème illuminatrice pour les peaux fines et délicates….

…. Ben quoi ? Il y a un problème ?

Parcourant donc cette prose issue des esprits les plus affutés du marketing, je tombe sur cette allégation : 

“98% d’origine naturelle” 

Saperlipopette !

Alors les 2% qui ne sont PAS d’origine naturelle, ils sont de quelle origine ? 

Surnaturelle ???

Jusqu’à présent voyez-vous, j’ai toujours considéré que TOUT ce qui était présent sur Terre était d’origine naturelle.

D’origine seulement, car nous transformons tout et voilà bien longtemps qu’il n’y a plus rien de naturel. 

Depuis le néolithique, depuis qu’on n’est plus préleveurs mais producteurs, tout ce qu’on mange est culturel.

Transformer une céréale en pain ou en bière, c’est culturel

Boire le lait d’une vache, c’est naturel… seulement pour le veau. 

Avant on cueillait, on chassait. On tétait maman. 

On mangeait na-tu-relle-ment. 

Ou presque, car le mammouth, faut-pas croire, fallait le maturer un poil, le dénaturer en somme, pour pouvoir déglutir un steak sans le mastiquer trois semaines. 

Et dès lors qu’on maîtrise le feu, bonjour la cuisson, la cuisine, le cuistot et toute la culture qui en découle.

Et la nèfle ? 

Quoi de plus naturel que la nèfle ? Mais décider dans quel état tu la manges, c’est déjà culinaire. 

Le jour où, de sa menotte velue, Lucy cueillit délicatement la nèfle et sciemment la laissa pourrir,

ce jour-là Lucy inventa la confiserie.

Et peut-être aussi le tord-boyau, l’ivresse et les chansons…

Hélas, l’humain n’a jamais arrêté de complexifier les transformations. 

Et ce jusqu’à désincarner totalement le produit. 

Elle est où la bête dans la boulette de superette ? 

Où est l’orange dans l’Orangina ? 

La coca dans le Cola ?

Tous ces trucs tripotés un max, transformés à mort, maquillés comme des carrés d’as ne sont que des calories 

vides et insipides, zéro flore, zéro vie. 

Zéro valeur.

Que faire alors ? 

Dépouillons autant qu’on peut nos aliments de leurs artifices ! 

Bannissons exhausteurs et texturants, qui singent le naturel et sont aussi absurdes qu’un déguisement de nudiste. 

Conservons seulement les transformations archaïques, qui subliment le brut et le rendent digeste : 

la cuisson, la maturation, la fermentation…

Retrouvons le goût dans son plus simple appareil !

Sortons la vérité naturelle de son puits culturel !

Mangeons vivant et restons vivants !

Et tiens, puisque je parle du vivant, je vous raconte une anecdote : dans la salade en sachet plastoc de marque Biiiiip achetée faute de mieux dimanche dernier chez Biiiiip, j’ai trouvé….

Qu’est-ce que j’ai bien pu trouver dans ma roquette emplastifiée ??

UNE CHENILLE ! Bien verte et bien frétillante et là, je me suis dit : Aaah ça y est, le vivant revient ! 

Ils commencent à réaliser chez Biiiiip et chez les autres que les insecticides, bof. 

« C’est la chenille qui redémarre » chantait au siècle dernier la Bande à Basile, ces troubadours visionnaires.

Laissons-leur le mot de la fin !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.