Ce week-end c’est la nuit des étoiles… Mais circulez, il n’y a plus grand-chose à voir ! Des milliers de satellites nous cachent déjà la Grande Ourse, et avec Elon Musk, il risque d’y en avoir beaucoup plus en orbite… Peut on encore regarder les étoiles ?

Peut-on encore regarder les étoiles ?
Peut-on encore regarder les étoiles ? © Getty / Anton Jankovoy

A l'antenne 

Nos invités : 

  • Christophe Bonnal, expert à la direction des lanceurs du CNES, président des commissions “Débris spatiaux” de l'Académie internationale d'astronautique (IAA)
  • Fabrice Mottez, directeur de recherches à l'Observatoire de Paris et rédacteur en chef du magazine l'Astronomie
  • Valérie Dubuche, astronome amateure, présidente du club d'astronomie de la MJC de Douai
  • Jean-François Clervoy, astronaute de l'Agence spatiale européenne, fondateur d'Air Zero G. 

À la une aujourd'hui dans L'Obs avec Dominique Nora, un dossier sur le mythe que représente Arthur Rimbaud. 

Extraits de l'émission ci-dessous

Préserver le ciel nocturne

Fabrice Mottez : "Il y a deux formes de pollution qui affecte la visibilité du ciel nocturne. 

  • L'éclairage urbain. 

C'est un problème très fort qui concerne à peu près toute la France, il y a très peu de sanctuaires où la nuit soit noire en France. C'est un problème qui peut être réglé parce qu'il y a une sensibilisation des communes actuellement : l'association ANPCEN travaille avec les maires pour essayer de leur expliquer comment éclairer la ville sans éclairer autant le ciel. 

Il faut imaginer qu'au XVIIIe siècle, quand un Parisien levait la tête, il voyait le même ciel que ce qu'on voit dans les Alpes, à 3000 mètres d'altitude. 

  • La pollution par les satellites

Les satellites, ça fait comme des étoiles en plus, qui bougent. Ils traversent le ciel en quelques minutes et quand on les voit comme ça, c'est amusant. Le problème, c'est la quantité. Et bon, il doit y avoir dans les 6 000 à 8 000 satellites en orbite actuellement autour de la Terre. Donc, quand Elon Musk a proposé d'en mettre 12 000 simultanément, en plus, on a commencé à avoir peur". 

Thomas Chauvineau renchérit : "Et il y a quelques jours, Elon Musk a annoncé qu'il comptait pas s'en tenir à 12 000, mais arriver plutôt à 42 000 satellites. Et à ça, il faut ajouter aussi les satellites que Jeff Bezos (Amazon) veut aussi envoyer : autour de 3000.... "

"La notion de pollution est relative"

Christophe Bonnal : Il y a un point qu'il faudrait peut être rappeler : si on envoie des satellites, ce n'est pas juste pour embêter les astronomes, c'est quand même. Le satellite est une invention fondamentale, stratégique. On ne peut plus vivre sans satellite"

Et à propos de l'excès de satellites : "Aujourd'hui, on a 34 000 objets plus gros qu'un poing au-dessus de nos têtes, dont 21 000 cataloguées. Ça veut dire que si je vais chercher dans l'endroit le plus pollué que je puisse imaginer, en orbite à 800 km d'altitude et que je prends une boîte de 100 km sur 100 km sur 1000 km, il y a là-dedans UN objet de la taille du poing. Donc la notion de pollution est extrêmement relative."

Les satellites ne sont pas des étoiles. Donc pour les voir, il faut qu'ils soient éclairés par la lumière du soleil, donc en début et en fin de nuit. À 2 heures du mat, on ne voit pas beaucoup. 

Pour connaître tout ce qui passe dans le ciel au-dessus de nos têtes, rendez-vous sur le site heavens-above.com

Adieu les nébuleuses

Valérie Dubuche : "Le danger, s'il y a beaucoup plus de satellites, c'est que ça va faire des "constellations complètes" dans le ciel. Le souci, c'est qu'on ne pourra plus voir ce que l'on appelle les objets du ciel profond que sont les amas, les nébuleuses - et c'est quand même un fabuleux spectacle

Des satellites visibles à l'oeil nu... puis moins

Fabrice Mottez : "Quand les satellites sont. Lancé, ils ne sont pas sur leur orbite définitive et dans les premières semaines, ils sont assez bien visibles : on les voit à l'œil nu. On a des trains de satellites, c'est extrêmement impressionnant. Heureusement, ça ne dure pas. Ils viennent ensuite sur leur trajectoire de travail et là, ils sont moins visibles. 

Alors pourquoi sont-ils moins visibles ? Déjà, parce que les astronomes ont fait beaucoup râlé. C'est bien la démocratie parce que du coup, la société Space X quand même fait attention. En fait, ils n'avaient pas vraiment réfléchi à ce problème jusque là, et des discussions avec des astronomes ont commencé à avoir lieu". 

Le reste à écouter :)

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