Cela va faire grincer les dents, mais il existe des voix pour dire que le nucléaire est une énergie dont l'impact est assez faible sur l’environnement… Alors, on se pose la question : le nucléaire peut-il être écolo ?

Tours de refroidissement à vapeur de la centrale nucléaire de Cattenom, dans le nord-est de la France.
Tours de refroidissement à vapeur de la centrale nucléaire de Cattenom, dans le nord-est de la France. © Getty / Allard Schager

Même le GIEC le dit : le bilan carbone du nucléaire est bon. Sensiblement le même que celui des énergies renouvelables. D'où ces voix qui s'élèvent puisque l'urgence est de réduire le rejet des gaz à effet de serre et que, pour l'instant, l'éolien et le solaire ne suffisent pas. 

Pourquoi ne pas compter sur le nucléaire ? Évidemment, cela pose la question encombrante des déchets, mais aussi de sa sûreté.

Valérie Faudon : "L'industrie a fait énormément de progrès, les centres de recherche en gestion des déchets nucléaires aujourd'hui sont bien gérés. Ils ne sont pas en contact avec la biosphère". 

Aujourd'hui, je dirais, il y a une écologie du monde d'après. - Valérie Faudon

"Quand on regarde ce qui préoccupe les Français, c'est d'abord le réchauffement climatique. Ensuite les questions de biodiversité, les questions de pollution de l'air. Et finalement les questions d'utilisation des ressources minérales dans le monde."

Mais pour Yves Marignac, la question est beaucoup plus complexe que cela : "Tous ces sujets et les sujets de gouvernance associés à cette technologie restent sur la table. Donc, oui, il y a un relatif accord, même si il y a des incertitudes sur les analyses de cycle de vie, pour dire que le nucléaire n'émet pas de gaz à effet de serre, mais ça n'en fait pas nécessairement un élément indispensable du monde d'après. Et je dirais même au contraire". Il revient également sur le fait que la Convention citoyenne pour le climat a laissé peu de place au nucléaire dans son rapport. 

On a tourné la page du tout-nucléaire, de ce nucléaire un peu identitaire, pilier de la politique énergétique, etc. - Yves Marignac

Valérie Faudon : "Cela n'a pas de sens d'opposer nucléaire et renouvelable. On voit très bien qu'aujourd'hui, on n'est pas du tout sur la bonne trajectoire pour atteindre nos objectifs climatiques. On aura besoin de tout et c'est une chance qu'on ait ce parc nucléaire parce que cette électricité décarbonée, ça peut nous aider à nous débarrasser du pétrole et du gaz dans les transports et aussi dans le chauffage et l'habitat."

Aujourd'hui, quand on ferme une centrale nucléaire, c'est une centrale à gaz qui la remplace. - Valérie Faudon

La suite à écouter.

Le nucléaire est-il vert ?

Nos invités : 

  • Valérie Faudon, déléguée générale de la SFEN (Société française d'énergie nucléaire)
  • Yves Marignac, coordinateur du pôle énergies nucléaire et fossiles à l'institut NégaWatt et porte-parole de l'association NégaWatt
  • Karine Herviou, directrice générale adjointe de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), chargée du pôle sûreté.
  • Brice Lalonde, ancien ministre de l’Environnement, ancien candidat écologiste à la présidentielle, président de l’association Equilibre des énergies.

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Aujourd'hui dans Libération avec Alexandra Schwartzbrod, la réflexion d'auteurs de polars sur la pandémie de coronavirus. 

Les invités
  • Valérie FaudonDéléguée générale de la SFEN (Société française d’énergie nucléaire)
  • Yves MarignacCoordinateur du pôle énergies nucléaire et fossiles et porte-parole de l'association NégaWatt
  • Karine HerviouDirectrice générale adjointe de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire)
  • Brice LalondeAncien ministre de l’Environnement; président de l’association Equilibre des énergies
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