A l'heure du sport business et de l'internationalisation du sport, la figure du supporter chevronné, garant des valeurs de son club, devient de plus en plus populaire. Mais au-delà de cette image romantique, qu'est-ce qu'être supporter de foot, de rugby, de handball aujourd'hui ?

Durant l'Europa League Football en 2018, les supporters de Brondly pour le match Spartak Subotica, club serbe vs Brondby, club danois.
Durant l'Europa League Football en 2018, les supporters de Brondly pour le match Spartak Subotica, club serbe vs Brondby, club danois. © Getty / Nikola Krstic/Action Plus

« On peut changer de boulot, on peut changer de femme mais on ne peut pas changer de club de football »: cette formule du King Eric Cantona, extraite du film de Ken Loach, Looking For Eric, résume bien le lien qui peut unir certains supporters à leur club. Un engagement qu’on a l’habitude d’attribuer aux Anglais, les inventeurs du football et du rugby, et que l’écrivain Nick Hornby raconte formidablement bien dans son roman « Carton jaune », consacré à son amour pour Arsenal. Et qu’on peut retrouver en France, par exemple dans « Le printemps 76 », livre touchant du journaliste Vincent Duluc. Mais surtout aujourd'hui chez les ultras, ces supporters supportant leurs clubs parfois à l'extrême, qui vont à partir de ce week-end de reprise de la ligue 1 de football, reprendre le chemin des stades de Marseille, Paris, Lyon, Lille, Nantes, Reims ou Caen.

Sauf qu’au XXIe siècle, les clubs connaissent une transformation profonde. Finie l’équipe constituée de joueurs repérés dans les petites structures locales du département, qu’on a attirés dans le club phare de la région détenu par le patron et principal employeur de l’agglomération. La Ligue 1 est progressivement en train de glisser aux mains de fonds d’investissements qatari, chinois, américains ou de milliardaires russes. Les équipes recrutent sur tous les continents et essaient de conserver un joueur du cru pour afficher des racines locales. Enfin, le public de Marseille se rend maintenant à l’Orange Vélodrome et celui d’Arsenal à l’Emirates Stadium, les enceintes sportives adoptant dorénavant des noms de marques et devenant des lieux de spectacles et de consommation. Pour y voir des matches programmés aux heures fixées par la télévision.

Face à cette évolution économique du sport, qui touche d’ailleurs peut-être la France un peu plus tard que les autres pays, quel est le lien entre le supporter et le club de sa ville ? Entre un fan attaché à son équipe et un joueur qui a enchaîné les clubs et sera peut-être reparti au prochain mercato ? Que signifie être supporter aujourd’hui, à l’heure du sport business. 

On attend vos témoignages et vos réactions par mail ICI, sur l'appli France Inter ou sur Twitter #débatdemidi

Et pour en débattre aujourd'hui :

  • Michael Tapiro, fondateur et directeur de la Sports Management School
  • Vincent Chutet-Mézence, président du collectif Red Star Bauer.
  • Sébastien Louis, historien et sociologue, spécialisé sur les supporters radicaux en Europe et Afrique du Nord.
  • Thierry Hubac, responsable du Racing Club de Strasbourg Alsace, après avoir travaillé pour Lorient et Monaco.

Programmation musicale : 

  • Gene Vincent & his Blue Caps, "You'll never walk alone"
  • Kali Uchis / Tyler the Creator / Bootsy Collins, "After the Storm"
  • Radio Elvis, "Ces garçons-là"
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