Mon pays vend des armes. Mais on ne sait pas vraiment comment il choisit ses clients, secret défense. L'utilisation d'armes françaises au Yémen est au cœur des inquiétudes. Alors faut-il plus de transparence en la matière ?

Série de rafales livrés au Qatar (février 2019)
Série de rafales livrés au Qatar (février 2019) © AFP / Georges Gobet

Les récentes révélations du New York Times ont remis la question de la transparence dans l'exportation d'armes françaises au cœur de l’actualité. Des missiles fabriqués par les Américains mais qui avaient été vendus à la France ont été retrouvés dans un camp du maréchal Haftar, en Libye. La politique libyenne de notre pays est de nouveau mise en cause. Des questions se posent sur une éventuelle violation de l’embargo des Nations-Unies. La ministre des armées, Florence Parly, a répondu ce mercredi que ces missiles n’avaient pas été vendus aux troupes rebelles et que les armes en questions étaient hors d’usage. 

Voilà qui illustre très bien cette question de la transparence, bien plus large que cette affaire libyenne : est-il sain que les ventes d’armes échappent au contrôle des citoyens ? 

La France, troisième vendeur d'armes dans le monde après les Etats-Unis et la Russie

Qu’on s’en désole ou qu’on trouve cela formidable pour la vitalité économique de la France et pour son poids géopolitique, la question de la transparence mérite d’être posée. Les exportations d’armes sont étudiées par une commission interministérielle dont les discussions sont couvertes par le « confidentiel défense ». Autrement dit, les membres de cette commission n’ont pas le droit de dire comment ils prennent la décision de vendre ou pas des missiles et des munitions à l’Arabie Saoudite, par exemple, qui est le premier client de la France. 

L’Arabie Saoudite fait la guerre au Yémen. Elle est accusée de s’en prendre à des civils. Pour savoir si la France est complice de crime de guerre, si elle piétine au passage ses engagements internationaux, il faut moins d’opacité sur nos exportations. C’est le sens d’une lettre ouverte que 19 ONG ont envoyé ce mercredi aux députés : « nous vous appelons à exercer votre devoir de contrôle ».

Finalement, toute la question est celle de l’équilibre à trouver entre le secret-défense, qui est important pour la sécurité des soldats français et pour des raisons géostratégiques et la transparence, indispensable dans une démocratie.  

Réagissez

Autour de la table du débat de midi ce jeudi pour en parler, Anne Poiret, journaliste, auteure de "Mon pays vend des armes" aux éditions Les Arènes, le général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'Etat-major de l'Armée de l'air et Tony Fortin, chargé de mission à l'Observatoire des armements. 

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