Reconnaissance faciale, drones de surveillance... Les dispositifs de vidéosurveillance sont de plus en plus sophistiqués, et le nombre de caméras ne cesse d'augmenter en France. Mais pour quels résultats ?

Il y aurait plus de 60 000 caméras de surveillance en France. Pour quels résultats ?
Il y aurait plus de 60 000 caméras de surveillance en France. Pour quels résultats ? © Getty / Vicente Méndez

"Souriez, vous êtes filmés !", annonçait l’animateur de Candid Camera, une célèbre émission de la télé américaine des années 50 et 60. Un programme humoristique basé sur le principe de la caméra cachée dans la rue. Mais aujourd’hui, fini de rire. Ceux qui sont filmés dans l’espace public ne sourient pas toujours.

1 500 000 caméras dans l'espace public

Les caméras de surveillance se sont en effet multipliées depuis une vingtaine d’années. On en dénombre officiellement 60 000 sur la voie publique selon le comité interministériel de prévention de la délinquance et de radicalisation. Mais il y en aurait 150 000 selon les calculs du sociologue Laurent Mucchielli, un spécialiste des questions de délinquance. 

Auxquelles s’ajoutent les caméras installées dans des lieux ouverts au public comme les réseaux de transports en commun, les autoroutes, les galeries marchandes, les commerces, les administrations, les entreprises, les équipements sportifs... Au total, on avoisinerait 1,5 million de caméras pour assurer ce que certains préfèrent appeler de la vidéo-protection plutôt que de la surveillance.

Les partisans de ces dispositifs estiment qu’ils ont un effet dissuasif pour ceux qui seraient susceptibles de commettre des délits, un effet rassurant pour ceux qui se sentent en insécurité et qu’ils aident à la résolution d’un certain nombre d’enquêtes.

Pour les opposants, il s’agit d’un outil supplémentaire pour mener une politique sécuritaire, qui déplace la délinquance mais ne la règle pas, et qui pose question sur le respect de la vie privée et sur les données personnelles.

De l'utilité de la vidéosurveillance

De plus en plus de collectivités territoriales équipent leurs rues et leurs infrastructures de caméras, les élus pensant qu’il s’agit d’un bon moyen de rassurer leurs administrés – notamment depuis la vague d’attentats de 2015 – et les installations coûtant de moins en moins cher avec le numérique.

Où en sommes-nous aujourd’hui dans l’essor de ces dispositifs de vidéos, qui ont de plus en plus recours à l’intelligence artificielle ? Quels sont les résultats observés ? Ont-ils une réelle utilité ?

► RÉAGISSEZ | On attend vos témoignages et vos réactions par mail, sur l'application France Inter ou sur Twitter #débatdemidi

Les invité·e·s du Débat de midi

  • Jean-Marc Manach, journaliste d’investigation spécialiste des questions de surveillance et de vie privée (en duplex depuis les studios de France Bleu Breizh Izel à Quimper)
  • Thomas Dautieu, directeur adjoint de la conformité à la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés)
  • David Belliard, président du groupe écologiste de Paris (G.E.P.) 
  • Caroline Pozmentier, adjointe au maire de Marseille (Bouches-du-Rhône), déléguée à la sécurité publique et à la prévention de la délinquance (en duplex depuis le bureau de Radio France à Marseille)
  • Et l'intervention de Philippe Marini, maire de Compiègne (Oise).

►► Aller plus loin | Vous êtes filmés, enquête sur le bluff de la vidéosurveillance, ouvrage de Laurent Mucchielli, est publié aux éditions Armand Colin.

Programmation musicale

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.