Le loup, menace pour les éleveurs ou clé de voûte de la biodiversité ?

Loup en semi-liberté dans le parc des Angles, Pyrénées-Orientales - 2015
Loup en semi-liberté dans le parc des Angles, Pyrénées-Orientales - 2015 © AFP / Raymond Roig

Il est impossible d’être subtil, intelligent, de tomber juste… en 140 signes. Quand on veut faire court, comment ne pas tomber dans la caricature ? J’en fais l’expérience tous les jours avec cette émission : publier un tweet pour susciter des réactions, pour alimenter le débat, et on a vite fait de se faire engueuler copieusement.

Mais il y a Bernard Pivot. Lui parvient à faire mouche sans renoncer à la nuance. Et en général, le président de l’Académie Goncourt n’utilise pas les 140 signes auxquels il a droit. Il fait plus court et ça tombe juste, c’est très agaçant. L’un de ses derniers bons mots concernait les impôts.

« Si le prélèvement à la source est institué, pour les grands patrons de l'industrie et du commerce il sera appelé prélèvement à la cascade ».

Commentaire potache sur l’actualité qui souligne au passage la poésie du langage administratif ! Et c’est ainsi que je me suis aperçue d’une chose : le mot « prélèvement » est partout dans l’actualité.

Le prélèvement des impôts à la source, donc, directement sur la feuille de paie : idée qui a récemment été reportée à 2019 au moins.

Des prélèvements d’ADN dans les affaires criminelles.Et puis l’autorisation de tuer des loups. Ce qui conduit à notre sujet du jour. Pourquoi parle-t-on de tir de prélèvement ? Les mots ne sont jamais un détail. Parler de tir de prélèvement, c’est déjà, me semble-t-il, prendre parti dans ce débat sensible, compliqué.

Le loup est une espèce protégée qui cristallise les tensions entre éleveurs et écologistes.

La décision récente de Nicolas Hulot d’augmenter le quota de loups à tuer fait réagir des deux côtés. C’est inadmissible pour les défenseurs de cet animal sauvage ; pas suffisant pour le monde pastoral.

Alors y a-t-il une troisième voie à trouver entre les intérêts économiques d’éleveurs souvent en grande difficulté et la préservation d’une espèce présentée comme la clé de voûte de la biodiversité ?

Nos invités

  • Laurent Reversat, éleveur de brebis laitières sur la plateau du Larzac, co-porte parole de la Confédération Paysanne Aveyron et Occitanie

  • Bertrand Sicard, vice-président de l’Association Ferus, association de protection et de conservation de l'ours, du loup et du lynx en France

  • Jean-Michel Bertrand, réalisateur ; il a notamment réalisé "La vallée des loups" (2016), qui existe aussi en livre (éditions de la Salamandre)

  • Au téléphone : Guilaine Trossat, éleveuse de brebis, nouvellement installée en Ardèche

Programmation musicale

  • Reverbère, Laura Cahen
  • Unconditional, Nick Mulvey
  • Without me, Eminem
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