Le cinéma français produit plus de 300 films par an et distribue dans les salles plus de 700 nouveautés en provenance de tous les pays. Mais une large majorité ne passe pas les deux à trois semaines en salle. Faut-il ralentir la production, revoir le modèle de financement et la chronologie des médias ?

Malgré une fréquentation en hausse des salles de cinéma, les entrées se concentrent souvent sur les blockbusters, au détriment des films plus confidentiels.
Malgré une fréquentation en hausse des salles de cinéma, les entrées se concentrent souvent sur les blockbusters, au détriment des films plus confidentiels. © Getty / Eric Raptosh Photography

Il n’y a pas beaucoup de secteurs pour lesquels notre pays peut se réjouir d’appartenir au peloton de tête au niveau international. Avec plus de 300 films produits en France par an, la plus forte fréquentation des salles de cinéma en Europe et une résistance forte à la concurrence des productions hollywoodiennes, la filière cinématographique française est une véritable exception culturelle. Durant le premier semestre 2018, les longs métrages français ont attiré presque autant de spectateurs que les blockbusters américains.

De 12 à 20 nouveaux films chaque semaine

C’est peut-être la quantité plus que la qualité des films qui permet d’afficher de pareilles performances. 

Grâce à un système économique intelligemment organisé, avec le CNC puis avec les groupes audiovisuels, le cinéma français réussit à mettre en place un préfinancement de sa production. Il permet de sortir ses 300 films par an environ, dont 200 à 220 d’initiative française. 

Au total, ces longs métrages représentent la moitié de ceux qui seront distribués dans les salles de cinéma durant l’année, dont un tiers ne sera même pas proposé dans vingt établissements. Au total, ce sont de 12 à 20 nouveaux films qui doivent se faire une place chaque semaine dans le réseau des 5 900 écrans français. 

Faut-il tout sortir au cinéma ?

De mauvaises critiques, un nombre de salles insuffisant et peu de publicité par manque de moyens font qu’une bonne partie de ces films ne tiendront qu'une à deux semaines à l’affiche et attireront moins de 50 000 spectateurs. 

Alors, pourquoi arrivent-ils sur les écrans ? Parce qu’il n’y a pas le choix, le système de financement et de protection des droits oblige à passer par la case cinéma avant de pouvoir être présenté au public sur les autres canaux de diffusion.   

Cet état des lieux amène aujourd’hui à s’interroger sur notre système de production cinématographique, qui incarne bien ce qu’on appelait l’exception culturelle française

Est-il aujourd’hui justifié de sortir chaque année autant de films en salle ? Certaines œuvres ne devraient-elles pas être directement proposées à la télévision ou en VOD (vidéo à la demande) ? Et ce système n’oblige-t-il pas à prendre de moins en moins de risques pour plaire d’abord à ceux qui financent

Bref, la quantité ne menace-t-elle pas la diversité, la qualité et à terme, la pérennité du cinéma français ?  

Les invité·e·s du Débat de Midi

Pour en débattre :

  • Xavier Leherpeur, critique de films à La Septième Obsession, à l'Obs et au Masque et la Plume,
  • Florence Gastaud, productrice chez Les Compagnons du Cinéma, vice-présidence du 1er collège de l'avance avant réalisation pour un premier film au CNC,
  • Jean Labadie, président de la société de production et de distribution Le Pacte.

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