En France, il faut six générations pour qu’en enfant d'origine modeste atteigne le revenu moyen, selon l’OCDE. Cette conclusion confirme le retard de l'école française sur la question de la mobilité sociale. Peut-on encore lutter contre ces déterminismes ?

Comment réparer l'ascenseur social ?
Comment réparer l'ascenseur social ? © Getty / Malte Mueller

Il faut toujours interroger les métaphores, y compris celles qu’on emploie tellement qu’elles deviennent des poncifs ou des lieux communs. L’ascenseur social en est une. Quand un individu occupe une position plus élevée que celle de ses parents, on dit qu’il a pris l’ascenseur. Et pourquoi pas l’escalator ? Sans doute parce que la montée est plus spectaculaire quand elle se fait à la verticale. Sans doute aussi parce qu’un escalator en panne, c’est moins grave : le sentiment d’enfermement est moins pesant. 

Le déterminisme se porte très bien

En France, il faut six générations pour qu’en enfant né dans une famille en bas de l’échelle sociale atteigne le revenu moyen, selon l’OCDE. Les enfants d’ouvriers non qualifiés sont sous-représentés dans l’enseignement supérieur. L’excellence scolaire est liée, encore plus étroitement que dans d’autres pays, à l’origine sociale. On pourrait ainsi multiplier les chiffres et les indices, qui tous aboutissent à la même conclusion : le déterminisme se porte très bien. 

C'est dans ce contexte qu'un témoignage nous interpelle : celui de Rokhaya Diallo, qui vient de publier un récit, Ne reste pas à ta place (éd. Marabout). Elle y raconte son parcours de "transfuge de classe", elle qui a grandi dans un milieu ouvrier et est aujourd'hui journaliste, éditorialiste, habituée des plateaux télés. Que décrit-elle lorsqu'elle dit de sa trajectoire qu'elle est "un accident sociologique" ? 

La fierté, notamment, joue un rôle primordial

La fierté, notamment, joue un rôle primordial dans son parcours. Un chapitre de son livre est d'ailleurs titré « se la raconter grave » !  Est-ce à dire que chacun est responsable de sa propre trajectoire ? 

Pour en parler avec elle, Olivier Babeau, fondateur de l’Institut Sapiens, et Alexis Potschke, professeur de français dans un collège de banlieue parisienne, qui vient de publier Rappeler les enfants. Il y raconte son bonheur d'enseigner et ses nombreux moments de doute. Cet homme-là sait voir toute la poésie qui se niche dans la vie d’une classe.

Trois témoignages précieux, pour ce sujet rendu brûlant d'actualité par une année de revendications de justice sociale.

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