Avec le statut de microentrepeneur, l’uberisation de plusieurs secteurs d’activités, le recours croissant à l’intermittence, la part des travailleurs salariés semble se réduire. Quelles conséquences pour le marché du travail ? Comment la protection sociale financée collectivement peut-elle perdurer ?

Ubérisation, autoentrepreneuriat : se dirige-t-on vers la fin du salariat ?
Ubérisation, autoentrepreneuriat : se dirige-t-on vers la fin du salariat ? © Getty

Le non-salariat est-il en train de remplacer le salariat sur le marché de l’emploi ? 

Le salariat concerne aujourd'hui 9 actifs sur 10. Et 85 % des salariés bénéficient d’un contrat à durée indéterminée. Mais, parallèlement, avec le développement de la flexibilité (et de la précarité pour certains acteurs qui la subissent), on observe une montée en puissance des non-salariés, c’est-à-dire des travailleurs indépendants, professions libérales ou micro-entrepreneurs, dont la proportion a augmenté de 25 % sur les quinze dernières années pour atteindre 2,85 millions personnes. 

Dans le même temps, le nombre de salariés a progressé, lui, de 5 %. 

Avec le statut de micro-entrepreneur, quid de la protection sociale ?

En 2008, le statut d'auto-entrepreneur est créé (appelé aujourd'hui micro-entrepreneur), et concernerait la moitié des indépendants, connaissant notamment un grand succès dans l’économie numérique. Un statut très accessible et facile à obtenir, pour exercer une activité complémentaire ou principale, avec un revenu plafonné.

Mais ces travailleurs censés être leur propre patron affichent un chiffre d’affaire moyen de 3 500 euros par trimestre, donc inférieur à 1 200 euros par mois, avec des charges à payer révélatrices des avantages et inconvénients du statut : elles sont fonction de l’activité et proportionnellement assez faibles ; mais elles ne donnent quasiment aucune protection sociale.

Alors qu'Emmanuel Macron souhaitait durant la campagne présidentielle apporter une protection renforcée et une trajectoire de progrès à ces non-salariés, le statut de micro-entrepreneur se retrouve en 2018 conforté, le plafond du revenu autorisé ayant été doublé. De quoi inciter les entreprises à avoir recours de plus en plus à des collaborateurs sous ce régime.

Faut-il s’attendre à une baisse continue de l’emploi salarié dans les années qui viennent ? Avec quelles conséquences pour la protection sociale ? Devons-nous revoir dès lors le système, et envisager de moins en moins de solidarité pour laisser place à une protection individuelle ?

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