De NTM à PNL, le hip-hop est devenu le nouveau standard de la musique française. Plébiscité par une majorité du public, le rap a-t-il encore quelque chose à dire en 2019 ?

Le rap a-t-il encore un truc à raconter ?
Le rap a-t-il encore un truc à raconter ? © Getty / BJ Formento

Le rap est aujourd’hui la musique la plus populaire et écoutée en France, notamment sur les plateformes de musique en ligne, selon les chiffres du SNEP, syndicat national de l'édition phonographique. On assiste à la banalisation de ce qu’on appelle pudiquement "les musiques urbaines". 

Booba, Nekfeu, Bigflo et Oli, Soprano, Lomepal dominent les ventes de disques, les écoutes en streaming, la programmation des festivals. Ceux qui tiennent la corde, ce sont évidemment les frangins un brin neurasthéniques du groupe PNL. Ce sont les premiers artistes de rap français à intégrer le top 30 mondial de Spotify, pour leur dernier titre "Au DD" dont le clip s’apprête à dépasser les 112 millions de vues sur Youtube.

Le rap, nouvelle variété française ?

C'est donc la généralisation d’un style musical longtemps considéré comme sulfureux, anti-système, souvent maltraité par les médias, qui fédère désormais toutes les générations, toutes les strates de la société, même les plus inattendues. François Baroin, sur Europe 1, en 2009, à l'époque député UMP, avait par exemple déclaré sa flamme au groupe IAM, en rappant un de leurs morceaux, en direct. "Ils ont été les premiers à dire que la cagoule c'était aussi de la force obscure et que la porter, c'était révélateur de l'état d'esprit des jeunes de cité," avait ajouté l'actuel président de l'Association des maires de France.

"Comprendre le rap, c'est aussi comprendre son temps" - François Baroin, en 2009

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, largement étrillé par plusieurs rappeurs y compris par les Marseillais d’IAM, connait donc l’album "L’école du micro d’argent" du groupe sur le bout des doigts. Cette appropriation du hip-hop interroge.

Comment le rap a-t-il séduit tous les Français ? Est-il devenu la nouvelle variété quitte à perdre en cours de route sa dimension contestataire ? Mais d'ailleurs, est-ce que le rap doit-il toujours être contestataire ? 

Réagissez

Autour de la table ce mardi pour en parler, Daphné Weil, productrice, manageuse d'Ärsenik et co-directrice de DAY, qui a créé Daymolition, la première chaîne Youtube qui découvre des jeunes talents du rap français, dont vous retrouverez le portrait dans la série "Les femmes du rap" de Fif Tobossi, journaliste, co-fondateur du site Booska-P et co-animateur sur Mouv'. A ses côtés, Adrien Pavillard, réalisateur de "Saveur Bitume", web-série diffusée sur Arte et Jean Morel, co-fondateur de Grünt, collectif qui organise des freestyles, improvisations et journaliste animateur sur Nova. 

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