Aux USA, les moins de 25 ans ont délaissé le petit écran au profit d’un écran encore plus petit, celui de leur smartphone. Le temps passé sur les réseaux sociaux dépasse celui passé devant la TV. Et si la télévision avec sa grille de programmes, avec son flux linéaire était condamnée ?

La télévision est-elle condamnée ?
La télévision est-elle condamnée ? © AFP / Olivier Laban-Mattéi

Comme des millions de Français, le PDG Gilles Pelisson et l'état-major du groupe se réjouissaient en effet du titre mondial de l'équipe de France de football. Mais la satisfaction était double car la Une diffusait les principaux matches, synonymes de record d'audiences.

Trois rencontres des Bleus occupaient le podium : France-Croatie et France-Belgique, avec plus de 19 millions de téléspectateurs, suivi de France-Uruguay, pas loin des 13 millions. Et la Une truste les neuf premières audiences depuis le début de l'année avec plus de 10 millions de personnes pour le football. Des scores qu'e la TV ne connaît plus qu'à l'occasion du Mondial ou de l'Euro.

Mais dans une année sans événement de ce type, les audiences sont différentes.

Sur l'année dernière par exemple, les audiences TV ont également été dominées par des événements, mais d'un autre type : Les Enfoirés, un rendez-vous qui attire toujours les téléspectateurs, en 2017 ils étaient plus de 10,5 millions. Et le grand débat de la présidentielle, avec les 5 principaux candidats, qui en avait réuni presque 10 millions. Mais là encore, la présidentielle, c'est une fois tous les 5 ans. Le reste du temps, il reste des films qui ont cartonné au box-office, comme Bienvenue chez les Ch'tis, Les Bronzés, Intouchables, ou un peu de téléréalité, du type The Voice.

Même les séries ne font plus recettes. En 2017, il fallait atteindre le 21e rang pour en trouver une : Jusqu'à 7,7 millions fidèles pour suivre Capitaine Marleau avec Catherine Masiero sur France 3. La première série us l'Arme Fatale, déclinée du blockbuster, n'apparait qu'au 32e rang. Mais pour une partie du public, aujourd’hui, regarder des séries, c'est sur Netflix, qui a passé les 3,5 millions d'abonnés. Ou sur les sites de streaming pas vraiment légaux.

Et quand on voit que Facebook commence à investir dans le football, le réseau va par exemple diffuser en exclusivité 32 matches de la Ligue des champions sur l'Amérique du Sud, on peut s'interroger sur ce que vont faire les opérateurs TV dans les prochaines années. Et si nous, téléspectateurs, devons déjà envisager de nous débarrasser de notre poste.

« Il est né le divin feuilleton. Chantons tous son avènement. » Sur la chaîne France 2, on se réjouit en cette rentrée non pas de la diffusion pour le 70e année de l'émission dominicale « Le Jour du Seigneur », mais de l'arrivée de son feuilleton quotidien, « Un si grand soleil ». Plus de deux années de gestation pour ce projet pour lequel 235 épisodes ont été commandés et plusieurs dizaines de millions investis par le service public. Et qui verra officiellement le jour lundi prochain à 20.40, pour être ensuite diffusé tous les soirs à cette même heure.

Mais on peut s'interroger sur cette stratégie dans une période où le téléspectateur veut maintenant pouvoir tout regarder, où il veut et quand il veut. D'où le succès de Netflix, 3,5 millions de foyers auraient ainsi choisi la plateforme vidéos sur abonnement pour regarder essentiellement des séries. Est-ce encore d'actualité pour France TV, en 2018 ? A moins que le groupe ait décidé de cajoler le public encore fidèle au poste de télévision. Ces 50 ans et plus qui consacrent un tiers de temps en plus aux programmes TV que la population en général, et 2 à 3 fois plus que les 15/34 ans. 

Si les grands événements sont encore fédérateurs, TF1 a réuni à 9 reprises plus de 10 millions de personnes devant un téléviseur à l'occasion du mondial, la consommation d'images change. Nous ne regardons pas forcément moins les programmes mais nous les regardons différemment. Moins en direct, plus en différé notamment pour les fictions et les documentaires. Plus vraiment sur le poste trônant au milieu du salon, davantagesur les multiples écrans d'ordinateurs, de smartphones qui occupent le foyer. 

Parallèlement, de nouveaux diffuseurs apparaissent aux côtés des TF1, France TV ou Canal+, les Netflix donc, mais également Amazon, Apple, Facebook... ou encore Blackpills ou Molotov TV en France. Et si la télévision classique vivait ses dernières années ? Devons-nous déjà revendre notre poste avant qu'il ne vaille plus rien ? 

On en débat avec : 

  • Florence Le Borgne, analyste à l’Idate
  • Catherine Bertin, déléguée générale du syndicat des producteurs indépendants
  • Pascal Lechevallier, président de What’s Hot, agence de conseil médias numériques

On attend vos témoignages et vos réactions par mail ICI, sur l'appli France Inter ou sur Twitter #débatdemidi

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