Le livre semble être l’accessoire indispensable des vacances, et la bibliothèque fournie, celui de nos intérieurs - à en croire les classements partout dans la presse. Mais a-t-on le droit de ne pas aimer lire ?

A-t-on le droit de ne pas aimer lire ?
A-t-on le droit de ne pas aimer lire ? © Getty / EThamPhoto

En 2019, le Conseil national du livre publiait son étude sur les Français et la lecture. Ils sont donc 88% à lire fréquemment. Mais la dynamique de lecture est en baisse bien que la lecture soit la deuxième activité préférée en France. Au moment des vacances d'été, beaucoup de Français emportent des livres dans leurs valises. Certains les ouvrent et les finissent, d'autres n'y touchent pas. Pendant le confinement, beaucoup d'entre nous avons exhibé notre bibliothèque durant nos réunions par visio. Être un lecteur assidu est-il un bon statut dans notre société ? L'exhibition culturelle n'est pas nouvelle, rappelle Philippe Coulangeon et ne date pas du confinement. Elle ne concerne pas exclusivement la littérature également. 

Il est socialement beaucoup plus facile, selon le sociologue, de dire aujourd'hui que l'on n'aime pas lire, par rapport à il y a 40 ou 50 ans. L'intériorisation de la norme est moins forte. 

Est-ce un symptôme ? Alors que le fait de lire de la littérature est bien vu en société, il existe également de la bonne et de la mauvaise littérature. La littérature est-elle snob ? Doit-on culpabiliser de ne pas lire ? 

William Marx revient sur la lecture pendant le confinement et explique que la lecture demande de la concentration, et beaucoup de gens ont été libérés de certaines contraintes ce qui leur a permis de se tourner vers la littérature comme un choix. Mais il y a eu également un côté nostalgique. Comme si en pensant le monde d'après, on pouvait revenir à un monde moins basé sur les écrans, la télévision, le téléphone...  

La littérature est l'un des arts les plus accessibles. Un livre ne coûte rien. 

Raphaëlle Leyris raconte sa difficulté à lire pendant le confinement (Philippe Lançon l'a également raconté au micro de Léa Salamé et Nicolas Demorand). Il peut être également difficile pour la littérature, explique-t-elle, de lutter contre les séries et autres télé-réalités. Certains de ces objets télévisuels sont écrits par des écrivains professionnels et vous happent littéralement. 

A-t-on le droit de ne pas aimer lire ?

Nos invités : 

  • Philippe Coulangeon, sociologue, chargé de recherches au CNRS, membre de l'Observatoire sociologique du changement à l'IEP de Paris,
  • Raphaëlle Leyris, rédactrice en chef adjointe du Monde des Livres,
  • William Marx, professeur de littérature au Collège de France,
  • Aurélie Valognes, romancière, auteure de Né sous une bonne étoile (Mazarine, 2020)

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À la une aujourd'hui dans Le Figaro avec Laurence de Charette, un dossier qui décortique l'accord historique sur le plan de relance européen, en réaction à la crise du coronavirus.

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