On fait des listes de courses, des listes de choses à faire ou de livres à lire. Mais pourquoi tant de listes ? Serait-ce la meilleure manière de culpabiliser ou de procrastiner ? Faut-il se débarrasser de cette manie ?

Faut-il rayer les listes ?
Faut-il rayer les listes ? © Getty / RapidEye

Le journal le Monde a établi récemment une liste de ses 100 romans préférés : ceux qui ont emballé les critiques littéraires, depuis la création du Monde en 1944. "Nous avons passé nos archives au crible de l’enthousiasme", écrit Jean Birnbaum dans l’édito de cette édition spéciale. Ils ont dressé une liste arbitraire et assumée comme telle, dans laquelle on trouve, en vrac : "Aurélien" d’Aragon, "l’Amant", de Marguerite Duras, "Pastorale Américaine" de Philippe Roth, ou encore "Vernon Subutex", de Virginie Despentes. Mais il n’y a pas Albert Camus. On peut s’en offusquer ! Mais c’est ce qui fait le charme des listes : repérer ce qui manque...

Tout le monde fait des listes, non ?

Qui oserait dire qu’il n’en fait jamais ? Qui pourrait prétendre qu’il n’est pas délicieux de rayer quelque chose dans une liste ? Parfois, on rajoute quelque chose juste pour le plaisir de le rayer assez vite. Mais que cache cette manie ? Faut-il y voir une volonté de tout organiser, ou de se culpabiliser, en se focalisant sur toutes ces choses qui restent à faire ? Pourquoi ne pas plutôt se concentrer sur toutes celles qu’on a faites dans la journée ? Autrement dit, plutôt que la « to do liste », pourquoi ne pas se mettre à la « did liste » ? 

Et puis la liste ne serait-elle pas un outil de procrastination ? Pendant qu’on dresse une liste de choses à faire, on ne les fait pas !

Figurez-vous qu’Umberto Eco était, lui aussi, fasciné par les inventaires, les énumérations, les entassements. Il a écrit un livre sur le sujet : Vertige de la liste. Une de ses listes préférées, c’était celle des questions stupides que lui posaient les journalistes... 

Réagissez 

Pour en parler avec nous ce mercredi, Titiou Lecoq, journaliste et autrice de "Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale", aux éditions Fayard, qui sort en poche en septembre, Florent Georgesco, responsable adjoint au Monde des Livres et Benoit Lebreau, community manager du site Topito. Aurélia Schneider, psychiatre et auteure de _“_La charge mentale des femmes et celles des hommes” aux éditions Larousse nous rejoindra par téléphone en deuxième partie d'émission.

Racontez-nous, dites-nous ce que vous pensez ici, sur l’application France Inter ou encore sur Twitter, #ledébatdemidi. N'hésitez pas à nous raconter votre expérience, vos témoignages seront précieux pour alimenter le débat.

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