Jamais un projet de privatisation n’avait entraîné une telle mobilisation politique : le cas ADP nous rappelle que le sujet des privatisations est sensible, à défaut d’être nouveau. La question est la même mais elle semble ne pas avoir trouvé de réponse : quel doit être le rôle de l’Etat dans la vie économique ?

Groupe ADP
Groupe ADP © AFP / ERIC PIERMONT

Une très vieille querelle française, mais qui est plus que jamais d'actualité avec le RIP sur ADP. Le RIP, c'est le référendum d'initiative partagée, qui est utilisé pour la première fois. Et ADP, ce sont les Aéroports de Paris, Orly et Roissy-Charles de Gaulle, que le gouvernement entend privatiser. 

Pour la première fois, les opposants à cette privatisation peuvent faire entendre leur voix en cliquant sur le site du RIP, géré par le Ministère de l'Intérieur. Pour obtenir un vote, un référendum sur cette privatisation, il faut d'abord recueillir 4,7 millions de soutiens en ligne, soit 10% du corps électoral. Le compteur en est encore très loin : il est aujourd'hui en dessous de 560 000 soutiens. 

Mais au delà du RIP et des aéroports, c'est bien la nouvelle vague de privatisations qui sera au cœur du débat. La Française des Jeux. Engie. Et demain, sans doute, les ports et les barrages. Pourquoi privatiser, nous dit le gouvernement? Pour désendetter l’État. Pour financer un fonds consacré à l'innovation. Il faut surtout de laisser les entreprises faire ce que l’État ne sait pas faire.  

Évidemment, le spectre des autoroutes n'est jamais loin : on se souvient des tarifs de péage qui ont flambé après la privatisation de 2002. Comment éviter cet écueil? Faut-il s'inquiéter pour la bonne gestion des services publics? Quelles sont les questions sociales et éthiques posées par ces cessions de capital? J'attends vos réactions et vos questions, chers auditeurs. 

Cette nouvelle vague de privatisation est la suite d'une longue série démarrée dans les années 1980. Avec à chaque fois une question : l'Etat est-il le mieux placé pour intervenir dans le champ économique ? C'est le rôle de l'Etat gestionnaire que l'on interroge sans cesse, et son domaine d'intervention est grand. D'autres activités pourraient donc être remises en cause à l'avenir.

Et puisque le vocabulaire des soldes est volontiers employé sur ce sujet (on parle de brader les actifs de l'Etat), on va se demander si "tout doit disparaître" ! 

Les invités
  • Aurélie Trouvééconomiste, porte-parole d'Attac
  • Eric Brousseauprofesseur d'économie et de management à l'Université Paris-Dauphine, directeur scientifique de la Chaire Gouvernance et Régulation de la Fondation Paris-Dauphine
  • Hadrien CoutantSociologue
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