Il y a de l'anglais partout, à la radio, en entreprise et dans les conversations. Crowdfunding, manspreading, coworking... ces mots comblent-ils un manque de la langue française ? L'utilisation de mots anglais en français est-elle légitime ?

La langue française subit-elle une invasion des anglicismes ? Pas sûr que les académiciens comme Jean-Christophe Rufin, Alain Finkielkraut  et leurs collègues soient d'accord entre eux sur ce point...
La langue française subit-elle une invasion des anglicismes ? Pas sûr que les académiciens comme Jean-Christophe Rufin, Alain Finkielkraut et leurs collègues soient d'accord entre eux sur ce point... © Getty / Raphaël Gaillarde

L'invasion des anglicismes. Un sujet sur lequel les auditeurs de France Inter nous alertent, nous grondent, toute l'année par courriel. "Arrêtez de saupoudrer vos phrases avec "d'english" ! Stop avec le buzz, le spoil, les start-up, et le crowdfunding." Alors prenons le temps de nous pencher sur cette allergie, ce vendredi, avec l'invité du Débat de midi, Jean-Marie Rouart, écrivain, membre de l'Académie Française, qui a signé le mois dernier une tribune publiée dans le Parisien Aujourd'hui en France pour "refuser la dictature du tout anglais"

Une tribune qui demandait solennellement à Emmanuel Macron, le président de protéger la langue française. "Il y va de notre identité nationale et de l'avenir de la francophonie", estime le collectif langue française or le chef de l’État, surtout au moment de son arrivée au pouvoir, a montré qu'il parlait couramment franglais en utilisant des anglicismes dans ses discours "job","start-up nation","entrepreneur is a new France". 

Vers la mort du Français ?

Y a-t-il vraiment lieu de parler, comme le font les signataires de cette tribune, d'une "marche suicidaire vers l'intronisation de l'anglo-américain comme seconde langue officielle de la nation ?" La linguiste Aurore Vincenti, invitée du Débat, ne sera certainement pas d'accord. Certes, elle voit dans l'emploi de certains anglicismes une façon de céder à la mode, ou une facilité, puisque des mots équivalents existent en français. C'est le cas de "divulgâcher", par exemple, joli vocable québécois qui peut remplacer "spoiler". Mais de là à crier haro sur tous les anglicismes, c'est un peu... "too much" ! Qui peut se passer de week-ends ? Enfin se passer du mot "week-end" ? Une langue se nourrit d'emprunts aux autres langues, c'est ce qui la rend belle, c'est ce qui la rend vivante.

Avec nous également ce midi, la responsable commerciale d'une start-up, d'une jeune pousse, Caroline Lair, qui nous décrira la montagne de franglais dans sa vie quotidienne. Mais elle reconnait que ses proches se moquent beaucoup d'elle à cause de cela. Preuve que les anglicismes en entreprise sont du jargon professionnel, ni plus ni moins. 

Réagissez 

Pour parler du franglais avec nous ce vendredi, Jean-Marie Rouart, écrivain, essayiste et membre de l’Académie française, Aurore Vincenti, linguiste agrégée de littérature anglaise, autrice des "Mots du bitume", aux éditions Le Robert, Caroline Lair, co-fondatrice de l’association Women in AI et Yugnat 999, "instagrameur" qui publie des mêmes en anglais, des images légendées d'un texte humoristique qui détourne le sens de l'image.

Racontez-nous, dites-nous ce que vous pensez ici, sur l’application France Inter ou encore sur Twitter, #ledébatdemidi. N'hésitez pas à nous raconter votre expérience, vos témoignages seront précieux pour alimenter le débat.

Pour aller plus loin, l'équipe du Débat de midi vous propose des lectures, "Quand le pou éternuera", de Muriel Gilbert, aux éditions ateliers Henry Dougier et "Tsundico, 200 mots que le français devrait emprunter aux autres langues", de Sabine Duhamel, aux éditions Autrement.

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