Les maires et les territoires en ont assez de la machine étatique, ce colosse qui vacille et promet plus de décentralisation. Alors l’Etat sert-il encore à quelque chose ?

L'Etat sert-il encore à quelque chose ? C'est la question que pose "le débat de midi"
L'Etat sert-il encore à quelque chose ? C'est la question que pose "le débat de midi" © Getty

L'Etat sert-il encore à quelque chose ?

L’Etat, cette abstraction un peu virtuelle, austère, lointaine, qui est pourtant dans nos vies à tous et qui emploie plus de cinq millions de personnes dans les trois versants de la fonction publique. Une grosse machine critiquée pendant la crise, en particulier par ceux dont on parle partout aujourd’hui : les maires, élus chouchous des français… un Etat trop centralisé, trop technocratique, trop lourd ? Emmanuel Macron lui-même semble l’avoir reconnu lors de sa dernière allocution, le 14 juin : il faut revoir son organisation. 

"Tout ne peut pas être décidé si souvent à Paris", a-t-il souligné.

Selon une étude commandée par le groupe de travail du Sénat pour préparer un nouvel acte de la décentralisation à l’institut de sondage CSA, trois Français sur quatre sont favorables à plus de décentralisation. Une loi "Décentralisation, Différenciation, Déconcentration", surnommée loi 3D, est en préparation mais on n'en connait pour le moment que les contours. Ses objectifs : rendre plus lisible et plus efficace l’action publique, s’assurer que chaque territoire dispose de lois et règlements adaptés à ses spécificités et mieux adapter les prises de décisions aux réalités locales. Notre invité Pierre-René Lemas, haut-fonctionnaire, met en garde : 

La déconcentration, la décentralisation, ça ne se prend pas à la légère, il faut que tout cela soit porté par un vrai projet politique !

Or de plus en plus de haut-fonctionnaires viennent du secteur privé et ont été formé dans les écoles de commerce, comme le souligne notre invité, le sociologue Luc Rouban :

Le modèle de l'État s'est perdu de vue. La question qui demeure toujours en suspens en France est celle du malaise démocratique. Il faut pouvoir réconcilier les Français avec les élus de terrain.

Nos invités : 

  • Stéphanie Daumin, maire de Chevilly-Larue (94)
  • Pierre-René Lemas, secrétaire général de l'Élysée sous François Hollande de 2012 à 2014, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations jusqu'en 2017
  • Luc Rouban, sociologue, directeur de recherches au CNRS 

Vous souhaitez témoigner ou réagir ? Rendez-vous sur l’application France Inter ou sur Twitter, #ledebatdemidi

Le partenariat du jour, c'est avec Jérôme Chapuis du journal La Croix : à la une aujourd'hui, le retour du débat sur les allocations familiales. 

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