L’injonction d’objectivité des journalistes est particulièrement d’actualité avec le contexte de fake news, de prolifération de médias dits alternatifs. Mais le public a-t-il cette même exigence sur tous les sujets ? Comment différencier honnêteté et objectivité ? Journaliste et militant ?

Les journalistes doivent-ils et peuvent-ils être objectifs ?
Les journalistes doivent-ils et peuvent-ils être objectifs ? © Getty / Mihajlo Maricic / EyeEm

C’est peut-être la critique la plus régulièrement adressée aux journalistes, le manque d'objectivité. C’est en accusant un article, un reportage ou une chronique, de manquer d’objectivité qu’on va chercher à disqualifier son auteur. En qualifiant aussi le dit journaliste, au choix, de propagandiste, de chien de garde, du très élégant "gauchiasse", ou récemment, comme on l’a vu dans l’affaire de Rugy, de "journaliste de démolition".  

Les politiques eux-mêmes ne sont pas les derniers à rappeler à la presse ce supposé devoir de neutralité. C’est ce qu’a fait avec une forme de gourmandise et peut-être une pointe de perversité François Asselineau, à une journaliste qui l’interrogeait sur la pluralité des opinions à la télévision lors de la campagne pour la dernière présidentielle. "On a le sentiment que tout le monde pense la même chose dans les médias et beaucoup de Français ont l'impression que l'ensemble des journalistes pensent dans le même sens", lui avait répondu le candidat Union populaire Républicaine à la présidentielle avant de rajouter que "les journalistes devraient respecter la charte de Munich, la charte de l'éthique journalistique". 

Faut-ils que les journalistes soient objectifs, honnêtes, impartiaux, neutres ?

On pourrait aussi lui rétorquer que cette fameuse charte de Munich, intime le devoir de respecter la vérité, de ne pas être inféodé aux annonceurs, ou encore de ne pas diffamer. Mais pas stricto sensu, d’être "objectif". Parce que c’est peut-être avant tout un débat sémantique : doit-on parler d’objectivité, d’honnêteté, d’impartialité, de neutralité ? La vérité est-elle une opinion ?

Pour en débattre ce mardi, avec nous autour de la table, Faiza Zerouala, journaliste chez Mediapart, Géraldine Muhlmann, journaliste et professeure en Sciences politiques à l'université de Paris Panthéon Assas, Alexis Lévrier, maître de conférences à l'Université de Reims et chercheur associé au Gripic, groupe de recherches interdisciplinaires sur les processus d’information et de communication au Celsa Sorbonne Université et Dominique Pradalié, secrétaire générale SNJ, syndicat national des journalistes. 

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