Que ce soit les journaux papier ou en ligne, les chaînes télé ou les stations radios, les producteurs d’information sont souvent attaqués pour leur traitement de l’actualité. Un exercice auquel il est normal d’être confrontés, mais qui a pris une ampleur toute particulière depuis la campagne présidentielle de 2017.

A qui doivent appartenir les médias?
A qui doivent appartenir les médias? © Getty / PM Images

La campagne présidentielle de 2017 fût mouvementée pour les médias français. Alors que certains candidats n'hésitaient pas à stigmatiser les journalistes, de nombreux confrères ont été hués, sifflés, insultés, parfois malmenés lors des meetings ou les soirs d’élection. Et c’est d’ailleurs toujours le cas, comme le montre l’affaire Benalla. Mais, depuis le Ve siècle avant notre ère, on sait que « personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles », comme Sophocle l’écrivait dans Antigone.

Cette critique des médias prend une tournure particulière lorsqu’elle suspecte de favoritisme ou d’hostilité non plus un journaliste mais le média qui l’emploie pour la simple raison que le propriétaire du média serait proche de tel candidat plutôt qu’un autre. Illustration avec Marine Le Pen, interviewée sur BFM TV en mars 2017, qui avait accusé le groupe de médias Altice de Patrick Drahi d'être macroniste car un ancien cadre dirigeant du groupe (qui regroupe notamment BFMTV, RMC, L'Express, Libération, etc.) avait rejoint les troupes d'Emmanuel Macron. 

Néanmoins, si nous laissons aux politiques la responsabilité de leurs attaques, cela ne doit pas nous empêcher de nous demander qui peut ou qui doit détenir des médias en France en 2018

  • Des groupes spécialisés dans ce secteur, à l’instar de l’Allemand Bertelsmann, propriétaire de RTL ou M6 ? 
  • Des industriels et des hommes d’affaires comme les groupes Bouygues, Bolloré, Lagardère, Arnault, Pinault, Niel, Lucas et le Crédit Mutuel (Rappelons-nous les cas de censure révélés chez Canal+ depuis la prise de pouvoir de Vincent Bolloré) ? 
  • Ou encore l’Etat? Mais Radio France comme France Télévisions sont parfois jugés trop dépendants de ceux qui nous gouvernent. Ou parfois trop hostiles, le service public étant forcément un bastion de gauche. 
  • Ou bien doivent-ils finalement appartenir aux journalistes ou au public, comme certains médias tentent de le faire, en faisant appel à des souscriptions notamment via Internet ?

On en débat avec:  

-Isabelle Roberts, journaliste et co-fondatrice du média Les Jours

-Patrick Champagne, sociologue des médias et auteur de l'ouvrage La Double Dépendance

-Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde

-Jean-Marie Charon, sociologue des médias.

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Jacques, "Dans la radio"

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