Faits divers, violences policières, harcèlement numérique, la brutalité s'est-elle banalisée ou est-elle simplement plus visible ? Assiste-t-on à un "ensauvagement" de la société ?

Mais pourquoi son-ils méchants ?
Mais pourquoi son-ils méchants ? © Getty / Spauln

La société est-elle devenue plus violente ? Il vous suffit de faire glisser votre index vers la gauche sur votre téléphone portable pour consulter les derniers titres de la presse ou de regarder les unes dans votre kiosque à journaux pour répondre à la question. Par exemple, voilà ce qui s’est affiché ce mercredi matin : "Booba et Kaaris annoncent leur combat pour novembre prochain", ""Tous des cons", les messages de l’Elysée dans le téléphone de Benalla", "Des députés bretons dénoncent des dégradations de leur permanence", "74% des joueurs en lignes déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement". 

Si on lève le nez de l’actualité de ces dernières heures et qu’on tente de résumer celle de ces derniers mois en quelques mots, ce n'est pas plus réjouissant : féminicides, agressions racistes, homophobes et antisémites, violences policières, casseurs, harcèlement, etc. D’où le sentiment, oppressant et diffus, qui voudrait que "c’était mieux avant", qu’on vit une époque où la haine, l’agressivité, physique et verbale, la culture du clash seraient omniprésentes. 

C’est un ressenti, qui est contredit par les chiffres. "Nous sommes dans un monde globalement pacifié mais nous avons le sentiment qu'il est à feu et à sang, explique le sociologue Jean-François Dortier, sur France Culture. Les médias en parlent beaucoup, ils adorent les avions qui tombent, adorent les tremblements de terre et puis les crimes parce que peut-être aussi le public adore ça"

Nous sommes baignés dans un imaginaire de la violence qui curieusement est en paradoxe complet avec notre situation de gens ordinaires qui pour la plupart sont des gens pacifiques." - Jean-François Dortier, sociologue

La plupart peut-être, mais quiconque aura passé du temps sur Twitter ou sur certains forums sur internet aura plutôt l’impression de vivre dans un monde où il est devenu tout à fait normal de menacer de mort pour sa recette de pâtes a la carbonara. 

Alors est-ce que les faits de violence sont plus nombreux ou simplement plus exposés ? Toutes les violences se valent-elles ? Ne faut-il pas aussi faire un sort à l’expression, très à la mode et très agaçante "On ne vit pas dans le monde des Bisounours" ?

Réagissez

Autour de la table ce mercredi pour en parler, François Jost, sémiologue, professeur émérite en sciences de l'information et de la communication, auteur de "La méchanceté en actes à l'ère numérique", aux éditions CNRS, Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, auteur de "Déchéance de rationalité", aux éditions Grasset et Ludivine Bantigny, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’université de Rouen, spécialiste de Mai 68 et des mouvements sociaux contemporains, auteure de "Révolution", aux éditions Anamosa.

Racontez-nous, dites-nous ce que vous pensez ici, sur l’application France Inter ou encore sur Twitter, #ledébatdemidi. N'hésitez pas à nous raconter votre expérience, vos témoignages seront précieux pour alimenter le débat.

Les invités
  • François JostSociologue, théoricien de l'image
  • Gérald BronnerProfesseur de sociologie à l’Université Paris Diderot - Paris VII
  • Ludivine BantignyMaître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Rouen et chercheuse au Centre d'histoire de Sciences Po
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