Le confinement et le télétravail ont agi comme révélateurs de la centralité du travail dans nos vies. Transports quotidiens, pause à la machine à café, rires et épuisement, le travail est source de joie et de contraintes. Alors, si nous réduisons ce temps de travail, sommes-nous plus heureux ?

Travailler moins la clef du bonheur ?
Travailler moins la clef du bonheur ? © Getty / Christian Adams

Prendre la clé des champs, oublier le travail et partir vivre dans une cabane en se nourrissant d’amour et d’eau fraiche… Pas mal de gens en rêvent depuis cette année 2020 perturbée par une pandémie mondiale. Il existe un “syndrome de la cabane” redouté par les DRH : le fait de ne pas vouloir revenir au boulot, quand on est salarié… La crise sanitaire a bousculé toute notre organisation, entre chômage partiel, chômage tout court, et télétravail. 

"Une dynamique de questionnement sur le travail s'est installée. Les français aiment et sont attachés au travail, mais ont découvert de nouvelles façon de faire"

explique Dominique Méda.

A la question “avez-vous moins envie de travailler depuis la crise sanitaire?” posée dans Ouest France le 17 juin dernier, 57% des répondants disent oui. Les travailleurs sont aussi une majorité à vouloir désormais organiser leur vie professionnelle en fonction de leur vie personnelle, et pas l’inverse, pour que leur qualité de vie soit la priorité. 

"Faut-il opposer ou associer travail et bonheur ? Cette question s'est révélée très récemment.  Ne pas travailler du tout, est-ce vraiment émancipateur ?"

s'interroge Dominique Carlac'h. 

La flexibilité est un désir des salariés, pour favoriser l'agencement entre la vie personnelle et la vie professionnelle. Pourtant, les entreprises aujourd'hui se basent encore sur 

"un certain conservatisme du management : il faut être présent au travail pour être productif et loyal à l'entreprise"

raconte Christophe Nguyen. 

Pour la vice-président du MEDEF, Dominique Carlac'h 

"ce qui est nécessaire c'est l'adaptation du management, pour passer d'un management de contrôle à un management de confiance".

Le bien-être passe-t-il nécessairement par la réduction du temps de travail ? Les semaines de 4 jours pourraient -elles être une solution, comme le proposent plusieurs organisations et syndicats ? Et puis, il y a en-dessous la question de la répartition du travail, celle de la croissance. Alors travailler moins ou réorganiser les choses, et surtout comment ? 

Avec nous pour en parler : 

  • Dominique Méda, philosophe et sociologue, spécialiste du travail, des politiques sociales sur les temps et les conditions de travail. Elle a récemment publié Les nouveaux travailleurs des plateformes avec Sarah Abdelnour. 
  • Christophe Nguyen, psychologue du travail, président de “Empreinte Humaine”, cabinet indépendant spécialisé dans les questions de qualité de vie au travail. 
  • Dominique Carlac’h, vice-présidente du MEDEF, dirigeante d’entreprise depuis plus de 30 ans. 
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