La PMA pour toutes, mesure phare de la loi de bioéthique, a été adoptée après 2 ans d’allers-retours entre l’Assemblée et le Sénat. Un accouchement long de plusieurs années, et autant de débats de société, au gré des promesses électorales. Alors quelles avancées et quelles inquiétudes ?

La PMA pour toutes c'est bien, mais pouvoir la réussir c'est encore mieux, or la France a de mauvais résultats
La PMA pour toutes c'est bien, mais pouvoir la réussir c'est encore mieux, or la France a de mauvais résultats © Radio France / Kenzo TRIBOUILLARD

La demande d’élargir l’accès à l’assistance médicale à la procréation aux femmes célibataires et aux couples de femmes est ancienne, et remonte au début des années 2000. François Hollande en avait ensuite fait une promesse de campagne en 2012, en vain. Le sujet n’a cessé d’être repoussé, et s’est détaché du mariage pour tous, voté en 2013. Cette lenteur, pour Jenna Pham-Selle, a des explications : 

"Ce qu'il a manqué, c'est un courage politique de ne pas cajoler les franges conservatrices de notre société"

Avec l'élection de 2017, rebelote, les débats reprennent. Le comité consultatif national d’éthique donne finalement un avis favorable à l’ouverture de la PMA pour toutes, mais Frédéric Worms souligne le temps long nécessaire à ces décisions : 

"Il faut prendre le temps de déplier des considérations globales, mais cela empêche d'avancer sur certains sujets précis"

La loi est donc adoptée, le 29 juin 2021. Les femmes célibataires et les couples de femmes peuvent désormais avoir recours, elles aussi, à l’assistance médicale à la procréation, réservée jusque-là aux couples hétéros avec des problèmes de fertilité ou une maladie grave transmissible. Cette loi influence donc la conception de la famille, mais cela est plus ancien, selon Caroline Mecary : 

"En réalité en France, la sociologie montre qu'on a évolué très vite sur les questions familiales depuis les années soixante"

Mais, des points d’interrogation persistent, et de nombreuses insuffisances et inquiétudes, sur la levée de l’anonymat des donneurs, les pénuries de gamètes, les délais rallongés, et les procédures de filiation. Alors, pourquoi un accouchement si difficile ? Quelles inquiétudes persistent ? Quels manques doivent être comblés ? Quels sont les bons points et avancées malgré tout ? Que dit tout cela de notre société et de notre système en France ? 

Avec nous pour en parler : 

  • Caroline Mécary, avocate du barreau de Paris, autrice de PMA et GPA aux Presses Universitaires de France, collection Que sais-je ?
  • Jena Pham-Selle, activiste transgenre, co-animatrice de “Un podcast trans” et militante au sein du collectif Espace Santé Trans
  • Frédéric Worms, membre du Comité Consultatif National d’Éthique
  • Marine Poulain, biologiste en médecine de la reproduction à l’Hôpital Foch
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