Palme d'or de l'édition 2009 du Festival de Cannes, Michael Haneke signe une œuvre aussi remarquable que redoutable, nette et coupante comme une lame, opaque et dense comme un brouillard. « Un film rigoureux sur les dangers de la rigueur », a-t-il dit. Description puissante d'une communauté paysanne du début du XXe siècle, marquée par l'austère morale luthérienne, où tout est faute et châtiment. On est dans le monde de Bergman, de Dreyer. Mais le regard glacial de Michael Haneke n'a pas leur tourment et leur passion. Sous l'ordre pesant, sous l'éducation rigide, la caméra va débusquer les turpitudes cachées, les abus de pouvoir, les névroses, les hypocrisies. Et en retour, les étranges manigances des enfants, les soudains éclats de violence. Avec une grande économie de moyens, une superbe photographie en noir et blanc, une bande-son minimaliste où la voix de l'instituteur devenu vieux fait trembler le temps, Haneke regarde en clinicien les collusions de l'innocence et du mal.

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