Coup d'éclat en cette année 1991: Barton Fink reçoit la Palme d'or à l'unanimité, le prix de la mise en scène et le prix d'interprétation pour John Turturro devant Van Gogh de Pialat ou Jungle Fever de Spike Lee.En 1991, quand Joel et Ethan Coen présentent à Cannes « Barton Fink » , les deux frères sont déjà considérés comme de véritables auteurs. Ils viennent de sortir quelques mois auparavant leur troisième film « Miller’s Crossing » qui a fait l’unanimité de la presse. Ils ont précédemment écrit et réalisé « Blood Simple » (1984) et « Arizona junior » (1987). Sous la présidence de Roman Polanski qui adore le film, le jury du 44e Festival de Cannes 1991, couronne à l’unanimité « Barton Fink » de la Palme d’Or , du Prix de la meilleure mise en scène ainsi que du Prix d’interprétation masculine pour John Turturro. C’est le premier film de l’histoire du Festival de Cannes a remporter les trois distinctions majeures. Une razzia de prix qui poussera Gilles Jacob, le responsable du Festival, à interdire, ensuite, de décerner les principaux prix au même film. « Barton Fink » propose un univers iconoclaste dépouillé, qui se déroule entièrement ou presque dans une chambre d’un hôtel moite et gluant où les personnages transpirent en permanence. Les réalisateurs donnent au film un ton d’une originalité indiscutable où noirceur et humour juif new yorkais se conjuguent dans une sombre affaire de meurtre. C’est la descente aux enfers d’un auteur juif, confronté au mal emblématique symbolisé par un tueur psychopathe. Le genre du « film noir » est récurrent chez les frères Coen mais « Barton Fink » s’en distingue par son ton et son style visuel. Si « Miller’s Crossing » reprend l’ambiance des romans de Dashiel Hammett, « Barton Fink » n’a pas d’étiquette car il présente des éléments de comédie, de films noir, d’horreur, de réflexion, d’humour et d’exubérance.

Photo homepage : Barton Fink © Circle Films - 20th Century Fox

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