10 ans après la vague de suicides qui s'était abattue sur l'entreprise après son virage managérial brutal en 2007, le groupe du CAC 40 France Télécom comparaît devant un tribunal pour "harcèlement moral".

Tribunal correctionnel de Paris, 31 mai 2019.
Tribunal correctionnel de Paris, 31 mai 2019. © Radio France / Antoine Chao

Pour rappel, 39 personnes sont reconnues victimes dans ce dossier – dont dix-neuf se sont donné la mort entre 2007 et 2010. En procès au tribunal correctionnel de Paris depuis le 6 mai dernier, sept dirigeants de l'opérateur sont accusés d'avoir mené « une politique visant à déstabiliser les salariés ».

L'objectif de ces stratégies managériales brutales (mobilité forcée, dénigrement chronique et arbitraire etc...) ? Provoquer le départ de 22 000 employés « par la fenêtre ou par la porte » comme le revendiquait, sans ménagement, l'ex-PDG de France Télécom Didier Lombard lors d'une réunion avec les cadres et dirigeants de l'entreprise en 2006. Un résultat largement atteint par cette logique d'éradication mais au prix des suicides du personnel, de souffrance au travail, de malaise et de dépressions. 

Bien que les peines encourues par les dirigeants jugés dans ce procès soient de l'ordre du symbolique — 15 000 euros d'amende et 1 an de prison, tout l'enjeu réside dans la condamnation du harcèlement moral, qui pourrait par la suite faire jurisprudence. 

Un reportage d'Antoine Chao. 

Les liens 

« Les sociopathes (de France Télécom à Macron) », Frédéric Lordon, Le Monde Diplomatique, 31 mai 2019. 

Suicides à France Télécom : le procès – La petite boîte à outils

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