Pendant que l'ONU tire la sonnette d'alarme pour la biodiversité, le gouvernement lance un décret visant à transférer les compétences du Conseil national de protection de la nature (CNPN) vers des instances régionales, entraînant ainsi la réduction de leur périmètre d'action contre les grands projets d'aménagement.

Zone à Défendre, Notre-Dâme des Landes, juillet 2017.
Zone à Défendre, Notre-Dâme des Landes, juillet 2017. © Radio France / June Loper

En amour comme en sauvegarde de la biodiversité, il faut des preuves. Pourtant, malgré les beaux discours d'Emmanuel Macron sur la « première prise de conscience massive à ce niveau de notre situation en matière de biodiversité », le gouvernement n'a attendu que quelques heures pour annoncer un nouveau projet de décret contre le Conseil national de la protection de la nature (CNPN). 

Le Conseil national de protection de la nature (CNPN), créé post deuxième Guerre Mondiale, est l’une des plus anciennes et plus vénérables institutions de protection de la nature en France, et le gouvernement est en train de la priver de sa capacité à protéger les espèces naturelles menacées.

Notre-Dâme des Landes, juillet 2017.
Notre-Dâme des Landes, juillet 2017. © Radio France / June Loper

La procédure actuelle oblige les porteurs de projet d’aménagement (autoroute, grande surface, plateforme de forage pétrolier, parc éolien, aéroport…) à obtenir l’autorisation de la puissance publique si leurs travaux impactent l’habitat ou les conditions vitales de la faune et de la flore sauvages protégées. Les services instructeurs de l’État doivent alors saisir le CNPN pour recueillir son avis, consultatif. 

Bien que son rôle ne soit uniquement consultatif, elle constitue une base scientifique sur laquelle les associations de citoyens qui luttent contre la bétonnisation des terres à outrance, peuvent s'appuyer pour faire le poids dans la balance face aux intérêts privés.

Plus précisément, ce projet de décret vise à simplifier la procédure d'autorisation environnementale et donc contourner l'avis du CNPN — accusé de trop souvent souvent s'opposer aux grands projets d'aménagements du territoire, sur des prétextes justement de sauvegarde de l'environnement et de la biodiversité. Il prévoit donc le transfert des compétences du CNPN aux instances régionales du patrimoine naturel qui seraient bien plus enclines à se soumettre « aux pressions des responsables politiques et économiques locaux » selon Médiapart. 

Le CNPN ne serait plus sollicité que dans un nombre minime de cas, répertoriés dans un arrêté énumérant des espèces de vertébrés menacées d’extinction. 

Un reportage d'Antoine Chao. 

Les liens 

"Pour le gouvernement, trop de biodiversité nuit à la croissance" Jade Lindgaard, Médiapart.

"Pour la sauvegarde du Conseil national de la protection de la nature" Le Club de Médiapart

"Sites classés : le gouvernement veut ouvrir la voie au béton" Marie Astier, Reporterre

18 et 19 mai au Triangle de Gonesse : 24 heures pour le Triangle de 17h à 17h :  à Gonesse, chemin de la Justice – avenue du 12ème de cuirassé

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