Rencontre avec Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris qui évoque avec nous la répression policière et judiciaire du mouvement Gilet Jaune au moment où l'ONU réclame l'ouverture d'une enquête sur l'usage excessif de la force contre les manifestants, en France.

Street art, Paris, mars 2019.
Street art, Paris, mars 2019. © Radio France / Antoine Chao

Le 12 février dernier, un collectif d’avocats de Gilets Jaunes a saisi Le Rapporteur Spécial de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur le droit de réunion pacifique et d’association, comprenant la liberté de manifester, basé à Genève pour dénoncer les entraves juridiques à la Liberté de manifester.

Une note interne au Parquet de Paris dévoilée par le Canard Enchaîné montre d’ailleurs la volonté délibérée de ficher les Gilets Jaunes interpellés même si aucune infraction ne leur est reprochée, et de les maintenir en garde à vue jusqu’au dimanche pour les empêcher d’exercer leur droit de manifester.

De son côté, le Parlement européen a adopté jeudi 14 février, à une très large majorité de 438 voix pour et 78 contre, une résolution « sur le droit à manifester pacifiquement et l’usage proportionné de la force ». Ce texte ne vise pas de manière explicite la France mais, comme le rapporte Le Monde, c’est bien la répression du mouvement des Gilets Jaunes qui était au centre des débats préalables au vote.

Manifestation Gilets Jaunes Acte XVI, mars 2019.
Manifestation Gilets Jaunes Acte XVI, mars 2019. © Radio France / Charlotte Perry

Le 6 mars dans un discours prononcé devant le Conseil des droits de l’Homme à Genève, Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé à la France une « enquête approfondie » sur les violences policières qui se sont produites pendant les manifestations des Gilets Jaunes depuis la mi-novembre. Elle a rappelé que « les inégalités touchent tous les pays » et que « même dans des Etats prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux ». Elle a cité la France comme pays prospère et a aussi dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti. 

Ça branle dans le manche mais pourtant le Jeudi 7 mars 2019, dans le cadre d’un ordre du jour réservé au groupe communiste républicain citoyen et écologiste (CRCE), le Sénat n’a pas adopté la proposition de loi visant à interdire l'usage des lanceurs de balles de défense dans le cadre du maintien de l'ordre et à engager une réflexion sur les stratégies de désescalade et les alternatives pacifiques possibles à l'emploi de la force publique  en France, quelque part entre Haïti et le Zimbabwe.

Un reportage d'Antoine Chao. 

Les liens 

"Les incroyables consignes du parquet sur les gilets jaunes", Le Canard Enchaîné, 30 janvier 2019. 

"Des policiers témoignent: « On est obligé d’accepter des instructions illégales »", Médiapart, 14 mars 2019.

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"Un grand feu" Des fourmis dans les mains 

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