Dans Pas pleurer (Goncourt 2014), Lydie Salvayre évoque sa mère, refugiée politique espagnole. Quand on l’interroge sur le goût de sa mère, ses idées rebondissent de sensations en rapprochement. Et si tout se tenait ? Si tout était rond comme un œuf

Lydie Salvayre
Lydie Salvayre © AFP / Ulf Andersen

"Ma mère est arrivée en France en 1939, les mains vides, raconte l’auteure. Elle ne savait rien de ce pays, rien de sa langue, rien de sa culture et rien de ses traditions. Elle était mariée à un homme qui travaillait comme manœuvre, et qui comme elle était réfugié politique. Ils vivaient pauvrement, d’abord dans le Loir-et-Cher, puis dans un village près de Toulouse. Et que fait une Espagnole pauvre quand il s’agit de cuisiner ? Elle fait une tortilla, une omelette avec ce qu’on appelle « les restes » !

Ma mère avait l’art d’accommoder les restes de façon absolument remarquable et que je n’ai vue nulle part ailleurs

Avec deux courgettes, des oignons, un reste d’épinard, un reste de pommes de terre, un reste de chou, un reste de poireaux, des choses qui normalement auraient dû être jetées, ma mère confectionnait une omelette. Et cela faisait un plat tout à fait présentable.

Mon père disait souvent que ma mère aurait fait une omelette avec des pierres si elle n’avait rien trouvé d’autre ! Et à y réfléchir, je pense que cela n’a pas été sans influer sur mon écriture…"

La recette de la tortilla de patatas

Tout réside dans la cuisson des patatas. 

Couper les pommes de terre en petits carrés et les faire revenir dans une poêle avec de l’huile d’olive bien chaude. 

Les carrés de pommes de terre doivent être ni trop cuits ni pas assez : dorés et craquants (mais pas durs) à l’extérieur, moelleux à l’intérieur. 

On peut, si l’on veut, ajouter des lamelles d’oignons. 

Battre les œufs, saler, les jeter sur les pommes de terre qui sont toujours sur le feu. 

Quand le fond de l’omelette est cuit, prendre une grande assiette (dans l’idéal plus large que la poêle). 

D’une main, maintenir fermement l’assiette ; de l’autre, retourner la poêle. L’omelette se retrouve ainsi dans l’assiette. 

Faire glisser l’omelette dans la poêle pour qu’elle cuise de l’autre côté

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