Il n’a jamais eu son bac, mais il fut tour à tour et souvent en même temps ferronnier d’art, bâtisseur sans jamais avoir était architecte, designer, chef d’entreprise, maire de Nancy, résistant et moderniste.

On pourrait trouver 10 raisons à la gloire posthume de Jean Prouvé né en 1901 et mort en 1984. Le talent, l’inventivité, la pérennité de ses créations. Mais c’est sans doute à l’architecte Jean Nouvel, l’un de ses très nombreux admirateurs dans les générations qui ont suivi, que l’on doit la meilleure explication : avec Jean Prouvé, jamais l’éthique n’avait engendré aussi manifestement la beauté.

Chaise Prouvé
Chaise Prouvé © GNU / Patrick.charpiat

Aujourd’hui les collectionneurs s’arrachent ses meubles à des prix totalement ébouriffants, à l’époque, ils étaient conçus pour des collectivités, écoles, cités universitaires ou bureaux d’entreprise industriels.

Si Prouvé n’a pas eu son bac d’autres ont bûché leurs examens comme on disait à l’époque sur ses meubles en bois et en acier inoxydable, un nouveau matériau dans les années 30, qu’il fabriquait dans ses propres ateliers.

Ce sont des objets techniques dont la forme n’exprime rien d’autre que la logique de leur construction. Prouvé est un moderniste. On n’est pas dans le décoratif, loin de là. C’est du brutal et du solide, les pieds arrière de sa chaise standard sont visiblement plus larges et costauds. C’est le cas, ils peuvent soutenir jusqu’à 400 kilos.

Dans la région de Nancy, certains s’assoient encore sans le savoir sur des chaises Prouvé. Quant aux élèves de l’école primaire de la petite commune de Vantoux en Moselle, ils étudient toujours dans un bâtiment construit par Jean Prouvé et son frère Henri, et désormais classé monument historique.

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