Quatrième et dernière partie de notre série d'entretiens avec Jean-Claude Carrière, nous avons évoqué le théâtre, le cinéma, la littérature. Mais ce grand curieux, j'insiste sur le mot, s'est aussi intéressé de très près à des domaines pour le moins hermétiques et pour la plus belle des causes transmettre.

Jean-Claude Carrière
Jean-Claude Carrière © Getty

La philosophie, les sciences, les religions, la vie, quoi.

Extrait de l'entretien

François Busnel : Comment un romancier, par ailleurs scénariste, par ailleurs dramaturge, en vient il à s'intéresser de très près au point d'écrire plusieurs livres aux sciences, aux sciences dures, à l'astrophysique, puis à Albert Einstein ? 

Pour une raison très simple, presque anecdotique, c'est à dire que j'ai une formation littéraire humanités classiques : latin, grec, anglais, langues vivantes, philosophie, histoire. Les sciences étaient considérées par nous, par les littéraires, comme un domaine réservé à part, peuplé de matheux, obscurs et binoclards. Et puis, tout à coup, quand j'avais à peu près 40 ans, 

Je me suis dit que j'étais peut être en train de mourir idiot, c'est à dire de passer à côté de ce qui, peut être, avait été la plus grande révolution de l'esprit au vingtième siècle.

Et qu'est ce qui vous a fait prendre conscience de cela? 

L'anecdote, c'est que j'étais invitée à la télévision dans une émission de Michel Polac dans laquelle c'était Sciences et philosophie. Michel Polac m'invitait de temps en temps pour lui donner un coup de main quand il était question de domaine qu'il ne connaissait pas très bien. Mais ce soir là, je me suis trouvé du côté des scientifiques et pas du côté des philosophes. Je me suis dit mais il faut que j'aille un peu plus loin. À ce moment là, autre hasard, j'ai rencontré Hubert Reeves. Il y avait un projet de film entre nous deux. Nicolas Klotz voulait faire un film entre nous deux, qui ne s'est pas fait. Mais Hubert Reeves m'a présenté deux élèves à lui, Jean Audouze et Michel Cassais. Et avec eux, c'était l'époque du Mahabharata. Je les emmené voir le Mahabharata. Et nous nous sommes dit, 'il faut qu'on fasse quelque chose en commun'. Ça les intéressait, les mythes, les légendes anciennes, tout mon travail sur cette partie là de l'histoire de l'humanité. Et eux occupaient un terrain qui m'était totalement fermé. Je ne pouvais pas faire la différence entre un neutron et un proton. 

Mais est ce que ça vous a intéressait ou ça vous semblait vraiment ... 

Ce qui m'intéressait, c'était pas tellement la connaissance elle même, encore une fois, mais le chemin que la science avait suivi pour remettre en question les théorèmes de Newton. Alors, on a décidé de se rencontrer une fois par semaine à l'Institut d'astrophysique de Paris que dirigeait Jean Audouze tous les jeudis et nous avons, pendant deux ans, passé tous les jeudis ensemble. Ils m'ont vraiment appris la physique et l'astrophysique. Mais en montant au tableau noir. En faisant des choses élémentaires. Et moi, de mon côté, je les remerciais en leur racontant de belles histoires d'autrefois. 

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