"La Belle Endormie", le dernier film de Marco Bellocchio porte sur l’euthanasie et le droit de mourir avec dignité. Le réalisateur italien y dévoile son changement de regard sur l’engagement au cinéma. Il s’en explique à François Busnel.

Le réalisateur Marco Bellocchio
Le réalisateur Marco Bellocchio © Getty / Stéphane Cardinale - Corbis

La Belle Endormie s’inspire de l’histoire d’Eluana Englaro, une jeune fille restée dans le coma 17 ans suite à une accident de voiture. Au début des années 2000, son père entreprend des démarches pour la débrancher. Sa décision provoque une crise politique en Italie.  

A travers ce film, Marco Bellocchio développe sa vision de la vie et de la mort. Il se dit laïque : cela veut dire que “la fin de la vie c’est la fin de tout” et qu’il n’a “pas l’espoir de vivre une deuxième vie après sa mort”. Par conséquent s’il ne peut pas faire ce qu’il veut, il ne veut pas continuer à vivre.  

Le cinéma italien, tradition politique

Marco Bellocchio explique facilement la tradition politique du cinéma italien. Il rappelle que le parti communiste italien était le premier parti communiste d’Europe et que son pays comptait beaucoup de sympathisants. 

La génération des réalisateurs comme Dino Risi, Ettore Scola ou Mario Monicelli était unie. Ils venaient d’une période de pauvreté. Ils faisaient un cinéma de gauche, naturellement social.  

Au début de sa carrière, Marco Bellocchio est héritier de cette tradition. Il veut faire un cinéma au service de la lutte des classes, forcément du côté des opprimés et des exploités. 

Marco Bellocchio est-il un cinéaste engagé ?

Oui, répond-il. Seulement, engagé n’a plus la même signification que dans les années 1960. Son engagement d’aujourd’hui n’est plus politique, il est personnel.  

Ce qui lui semble important maintenant est de l’ordre de l’intime. Les relations avec sa famille, sa femme ou ses enfants “peuvent être plus utiles à la cause générale” 

Pour Marco Bellocchio aujourd'hui, c’est la liberté qui est fondamentale. Être libre, c’est chercher à aller le plus loin possible dans une direction choisie. C'est cette liberté qui le guide dans sa recherche intérieure parce que "plus tu es libre plus tu peux faire des choses profondes”. 

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