Jean-louis Aubert et François Busnel
Jean-louis Aubert et François Busnel © RF/Anne Audigier

invité(s)

Jean-Louis AUBERT

''Je n’ai pas de vérité à dire. Je ne partage pas le monde entre les heureux et les malheureux – on peut se pendre sur un yacht. L’humanité peut être partout, et pas toujours là où on s’y attend.'' De la philo ? Non, c’est la vie telle que la voit Jean-Louis Aubert. Il n’a peut-être jamais écrit d’album dans lequel la vie parle si fort, si vrai et si juste. Roc’éclair est tout entier irrigué, nourri, irradié d’humanité, comme si chacune de ses chansons retrouvait ce qu’est la vertu originelle de la musique – faire du bien. ""Ces deux dernières années, j’ai beaucoup vu l’humanité. Je l’ai rencontrée dans les parkings et dans les hôpitaux. Elle y est plus humaine que ce que l’on voit dans la rue. Des clochards qui dorment dans un parking près des Champs-Élysées m’ont accepté dans leur petit groupe pendant que j’enregistrais l’album au studio Labomatic. Ils savaient qui je suis et ils ont été très accueillants. Avant, j’avais passé beaucoup de temps dans les hôpitaux en accompagnant mon père jusqu’à sa mort. J’ai beaucoup partagé avec les gens qui étaient là. Il m’est arrivé de chanter sur le trottoir en poussant des fauteuils roulants, de faire écouter du Gloria Lasso sur mon portable à une vieille dame dans son lit. Je ne sais pas si c’était pour rendre service ou pour me rendre service. Je ne sais pas si c’était de la fuite ou de l’émerveillement. "Quand son père est parti, Jean-Louis Aubert s’est isolé en Provence et il a écrit des dizaines de chansons."J’ai l’habitude d’une écriture quasi automatique, mais là c’était vraiment spécial, comme s’il regardait par-dessus mon épaule quand j’écrivais. À cette même époque, j’avais aussi perdu plusieurs amis et j’avais beaucoup pleuré. Mais je ne suis pas parti dans le cafard. Au contraire, il y avait une émotion profonde, une sorte de joie. C’est le sens du titre Roc’éclair : il y a un clair obscur qui donne foi en la vie." Et si la chanson qui clôt l’album porte le même nom que la célèbre entreprise de pompes funèbres, elle est surtout un superbe message de sérénité : "Ne te fais pas de mauvais sang/Maintenant je suis grand/Je m’débrouillais bien avant/Maintenant je ferai sans". Puis il s’est installé pour cinq mois au studio Labomatic, chez Dominique Blanc-Francard et Bénédicte Schmitt. "J’ai joué de quasiment tous les instruments pour retrouver le frais, le spontané, le naïf. Et Bénédicte me donnait la confiance de tout jouer, de rester comme en enfance avec tous mes jouets autour de moi. " Çà et là sont venus quelques camarades de jeu, Albin de la Simone pour des claviers, Denis Benarrosh pour des batteries, Julien Chirol pour arranger cuivres et cordes qui mettent "la fragilité sur un coussin de velours"... Nouveau paradoxe : ce disque très solitaire parle tout entier de partage, d’accompagnement, de fraternité, de l’amour le plus simple et le plus droit qui existe. "Il y a toujours une marche en avant dans mes chansons. La musique et les concerts, ça sert à se remettre en route, à se dire que tout est possible, à avoir foi dans le lendemain, à se relever quand on est tombé. Alors j’y mets parfois de l’ironie et même un peu de doutes. Dans Demain sera parfait, je me demande comment le chanteur peut mentir effrontément pour remonter le moral, comme dans une sorte de version rock du Jef de Brel. » Évidemment, Demain sera parfait sera le premier single de l’album, parce que Jean-Louis Aubert aime être frondeur et crâner en disant « même pas mal". "Mais pendant cette période d’hôpitaux et de peine, j’ai vécu des moments gais, humains, touchants. Je suis tombé amoureux de vieilles dames. J’ai chanté devant le cercueil de Guillaume Depardieu. J’ai bien appris la vie… "

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.