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photo1 © RF/Anne Audigier /

“Je suis né au cours d’une alerte, à Becon-les-Bruyères. L’écrivain Emmanuel Bove, un enfant du pays, (ainsi que Michel Legrand) le décrit comme « un lieu sans histoire, où il ne se passe jamais rien, cruellement dépourvu de grand criminel ou de personnage diabolique, et que l’on pourrait traverser sans même s’en apercevoir ». Terrains vagues, trous de bombe, rêves impossibles de musique (interdiction familiale), rien à raconter (les lieux mythiques sont par essence indescriptibles), à part la fête annuelle des Coquelicots du Bécon Palace. Plus tard j’eus la chance de rencontrer le flûtiste Roger Bourdin, qui me pistonna comme assistant à la prise de son aux studios Pathé Marconi, pour pouvoir payer ma flûte. Mais après avoir monté en boucle l’enregistrement des couacs de la jolie twisteuse d’un producteur, et jeté ses bonnes prises à la poubelle, on m’a rétrogradé aux accordéons : Valses musettes et paso dobles. Le balloche jour et nuit.Comme je passais mon temps à m’exercer sur le Steinway du studio, nouvelle bévue, nouvelle punition: cette fois je fus condamné “aux arabes”, à l’époque çà n’était pas réellement valorisant, (la guerre d’Algérie venait juste de finir) mais moi, j’étais ravi, car j’adorais cette musique. Ainsi, ignorant l’interdit parental et les attraits d’un destin de chef de chœur à l’Amicale des Coquelicots du Bécon Palace, avec en poche un contrat de danseuse que je n’avais pas lu, griffonné en hâte à la fin d’une séance d’enregistrement, j’ai embarqué pour Alger pour débuter à l’hôtel Aletty, comme pianiste, à 18 ans.Autodidacte, j’ai abordé la composition avec les musiciens d’Alger, puis en écrivant pour Michel Magne et Alice Dona, puisant mes premiers rudiments d’orchestration dans les « you you » de la Casbah et les manuels de la collection « Que sais-je ? »

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Jean Teulé

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