Bernard Murat monte "Quadrille" de Sacha Guitry en 2011, au Théâtre Edouard VII à Paris. Moment idéal pour remonter le fil de la carrière de cet homme de théâtre : comédien, metteur en scène à succès, il monte aussi bien Marguerite Duras que Marivaux.

Le metteur en scène Bernard Murat
Le metteur en scène Bernard Murat © Getty / Eric Fougère

Resté secret malgré les succès, Bernard Murat se dévoile pour François Busnel. Jamais à court de révélations surprenantes, le metteur en scène raconte qu’il a doublé Robert de Niro, Al Pacino et Bruce Lee mais aussi Ryan O’Neal dans Barry Lindon ... avant que Stanley Kubrick n’efface tout parce que l’acteur a “une voix de chat” !

Comment Bernard Murat devient metteur en scène ?

Bernard Murat veut d’abord devenir comédien. Elève au Conservatoire, il se découvre une facilité pour "mettre en scène les autres”. Assistant à la mise en scène de Raymond Rouleau et de Jacques Charon, il prend peur face à la difficulté du métier et décide de rester comédien.

L'envie de mettre-en-scène lui revient par hasard une nuit d’insomnie à la lecture de Tailleur pour dames de Feydeau. Seul bémol, la pièce est trop courte. Son ami Jean Poiret la réécrit et la rallonge de 45 minutes.  

Son plus beau souvenir de théâtre ? Le Retour d’Harold Pinter. Le sujet est fort, la distribution prestigieuse avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle principal. La pièce est un gros succès. Bernard Murat regrette que Marie Trintignant et Guillaume Depardieu, les deux plus jeunes acteurs de la distribution, soient partis les premiers.

Sacha Guitry, le malentendu

Pourquoi monter Sacha Guitry ? “C’est un défi,” répond Bernard Murat. Il aime ce personnage à la fois reconnu et décrié : “Guitry c’est l’ironie de l’histoire.”

Bernard Murat raconte des épisodes incroyables de la vie de  Guitry. Le petit Sacha est volé par son père à sa mère et l’emmène à Moscou. Il écrit sa première pièce à 17 ans, épouse la maitresse de son père à 22 et achète son premier théâtre, les Mathurins, à 28. 

Le metteur en scène casse les idées reçues sur Quadrille : "C’est très moral. À la fin, c’est l’amour qui triomphe”. Et si la misogynie est présente dans quelques répliques provocatrices, les deux rôles de femmes sont magnifiques. 

Partager sa passion pour le Théâtre français

Qu’est-ce qui pousse Bernard Murat à faire jouer des personnalités très populaires comme Johnny Hallyday ou Patrick Bruel ? demande François Busnel. Faire venir au théâtre des gens qui n’y sont jamais allés, répond le metteur en scène.

Bernard Murat veut partager son amour pour le théâtre français avec les acteurs et le public. C’est cette passion qui s’exprime lorsqu’il s’exclame : “On est un peuple incroyable parce qu’on a eu au moins deux siècles et demi de création dramaturgique incroyable ! De 1560 à la fin du XIXème siècle, on a présenté à l’humanité plus que la Grèce antique a pu réaliser en matière de théâtre !” 

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