Robert Badinter présente “Claude”, son premier livret d’opéra composé par Thierry Escaich. L’ancien garde des sceaux revient sur la genèse de ce projet. Il raconte également sa passion pour Victor Hugo, Bach et la justice.

Robert Badinter, avocat, ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel
Robert Badinter, avocat, ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel © Getty / Christophe Russeil/Sygma

Robert Badinter raconte à François Busnel l’expérience de l’écriture de l’opéra Claude. Une aventure qui concilie toutes ses passions.

Claude Gueux, personnage de Victor Hugo

Robert Badinter explique qu'écrire le texte d'un opéra ne fait pas de lui un auteur d’opéra : “Le compositeur d’un opéra c’est celui qui en écrit la musique.”

Véritable “hugolâtre”, Robert Badinter s’inspire de Claude Gueux, la nouvelle de Victor Hugo pour inventer son Claude à lui, ouvrier canut au moment de l’industrialisation de la soie. 

L'histoire se passe pendant le révolte des canuts, réprimée dans le sang. Il s'agit, dans cet opéra, de raconter la lutte des classes, qui "n’est pas un slogan de meeting”, dit Badinter.

La prison de Clairvaux ? "Un monstre"

La prison de Clairvaux est un personnage à part entière dans l'opéra de Robert Badinter. Jusque dans les années 1970, elle est une “forme de monstre qui attend ceux qui lui seront livrés et les casse et les tue”.

l’écrivain Robert Badinter fait alors place à l’avocat et dénonce l’attitude des hommes politiques qui, en pleine Trente Glorieuses, laissent des hommes subir un traitement inhumain au nom d’une "tradition de mépris" de la condition des détenus.

Son indignation est intacte lorsqu’il rappelle à François Busnel que “Le général de Gaulle habitait à 10 km de Clairvaux.”

Art et politique

Y a-t-il un rapport entre beauté et politique ? Non, répond Badinter. Mais certains tissent un lien particulier, comme Mitterrand avec les livres : refuge en temps de crise pour l’ancien président. Ou lui-même avec Bach dont la musique est “la beauté à l’état pur parce que c’est simple”. 

Chez Robert Badinter, tous les chemins mènent à Victor Hugo : Hugo député qui demande l’amnistie des Communards ou l’abolition de la peine de mort ; Hugo le poète qui, même dans la tourmente politique, continue d’écrire et de dessiner. 

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