Son credo depuis longtemps est le suivant : "habiller la duchesse de Windsor, mais aussi sa concierge." Son nom est bien sûr accolé aux années 60. À l'époque, c'était futuriste. Aujourd'hui, c'est vintage

Pierre Cardin et François Busnel
Pierre Cardin et François Busnel © Radio France / Anne Audigier

Dans les années 60, il révolutionne la mode, ça se passe du côté de Londres, avec quatre garçons dans le vent, et à la télévision avec un certain John Steed. 

Il crée ensuite la fameuse ligne Cosmos, façon astronaute pour les garçons. Et puis cuissardes / minijupe indispensables à la véritable Parisienne. La femme libre, moderne, féminine. Celle qui, depuis 40 ans, règne et lui aussi la fait régner. À l'époque, c'était futuriste. Aujourd'hui, c'est vintage. Dans les deux cas, ils gagne puisque cela fait fureur. 

Avant ça, il y eut La Belle et la bête de Jean Cocteau. Il y eut la maison Dior comme un passage obligé pour ce jeune homme originaire de Venise, dont les parents avaient fui l'Italie fasciste. La mode, donc, c'est pour tout le monde. Il est l'un des premiers à avoir navigué entre la haute couture et le prêt à porter, tout en restant à l'avant garde de la mode. Extravagant, oui, visionnaire, certainement. Également business man. C'est un véritable empire qu'il a su construire : restaurants, hôtels, théâtres. 

La mode, très vite m'a apporté satisfaction dans mon désir de réussir. A 7 ans déjà je regardais les catalogues de mode. J'avais envie de devenir une couturier, mais je ne savais pas ce que c'était. 

"Socialement, j'étais d'un milieu très simple, puisque mes parents sont réfugiés, d'Italie. 

Si mes parents n'étaient pas venus en France, n'avaient pas fuit pour une question politique, je serais peut-être un comptable ou un employé. En tout cas, je ne pense pas que ma réussite aurait été aussi belle si je n'avais pas quitté l'Italie et si je n'avais pas rencontré les gens que j'ai rencontré. Dans la réussite d'un homme, l'important c'est de rencontrer des gens importants, sans être servile, et c'est ce qui m'est arrivé dans ma carrière. "

Rencontrer des gens comme Cocteau, Picasso, Miro, Honegger, Montherlant, tous ces gens que j'ai rencontré très jeune, m'ont beaucoup formé et m'ont appris à être humble et avoir de l'admiration pour les gens qui ont du talent

Dior, le maître

"Si je n'avais pas fait ma carrière 3 ans chez Dior, je pense savoir que je ne serais pas Pierre Cardin"

Des modèles Cardin - 1967
Des modèles Cardin - 1967 © Getty

L'esprit Cardin

"C'est une provocation, à l'époque, de porter des bas noirs, par exemple. Même les mannequins ne voulaient pas les porter. Avoir des robes si courtes, Il n'y avait pas qu'en Angleterre. On les a fait en même temps avec Courrèges, tous les trois. Nous avions une manière de voir les choses autrement, anti bourgeois, en tout cas. C'était développer la liberté du corps de la femme, c'est à dire ne pas l'enfermer dans des corsets ou dans des choses qui l'emprisonnait. L'esprit de liberté de la femme s'est bien développé par la suite, donc j'avais eu raison de l'anticiper. 

Je n'en ai vendu aucune de ces robes, à l'époque. Mais il fallait que je vive, donc je vendais des choses un peu plus sages."

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