Jerry Schatzberg
Jerry Schatzberg © Radio France

François Busnel reçoit Jerry Schatzberg à l'occasion de la ressortie au cinéma de son premier film.

PORTRAIT D'UNE ENFANT DÉCHUE

(Puzzle of a Downfall Child)

Un film de Jerry SCHATZBERG | Drame | États-Unis | 1970 | 94mn

Ancienne égérie de la mode, Lou Andreas Sand s’est isolée dans une maison au bord de l’océan où elle tente de vivre autrement, en se consacrant à la poésie et à la sculpture. Abîmée par la dépression et les excès, elle reçoit la visite de son ami photographe Aaron Reinhardt qui est désormais cinéaste. Celui-ci est venu enregistrer des entretiens avec l’ancien mannequin en vue de réaliser un film sur sa vie. Au fil de son récit, Lou exhume les souvenirs de son ascension, puis de sa déchéance, qui s’organisent en un montage fragmentaire de faits réels et d’évènements fantasmés… De Jerry Schatzberg (USA, 1970), avec : Faye Dunaway, Barry Primus, John Heffernan, Barry Morse, Roy Scheider - 1h44

Ancienne célébrité de mannequinat, Lou Andreas Sand s’est isolée dans une maison au bord de l’océan où elle tente de vivre autrement, en se consacrant à la poésie et à la sculpture. Abîmée par la dépression et les excès, elle reçoit la visite de son ami photographe Aaron Reinhardt. Il tente avec elle de faire le point sur sa vie...

La critique

Jerry Schatzberg , photographe de formation ayant notamment œuvré pour « Vogue », réalise en 1970 son premier long métrage, Portrait d’une enfant déchue sur la déchéance d’un ancien mannequin vedette qu’interprète Fay Dunaway dans son premier grand rôle après Bonnie and Clyde , alors qu’elle était encore peu connue. Artisan du renouveau américain au tournant des années 60/70, Schatzberg devait remporter la Palme d’or sur la Croisette en 1973 avec L’Epouvantail . L’affiche du dernier Festival de Cannes, où fut présentée la version restaurée du film, est d’ailleurs une photo de Dunaway par Schatzberg.Portrait d’une enfant déchue évoque avec merveille cette nouvelle émergence d’un cinéma américain qui prend le large par rapport aux conventions hollywoodiennes, tant dans ses sujets que la mise en scène. Construit tel un puzzle, le film ne suit aucune chronologie, mais des instants de vie émergeant au fil d’une conversation enregistrée entre le mannequin et un ami qui l’interviewe sur son passé et les raisons de son passage à vide, jusqu’à devenir une « has been », oubliée de ceux qui l’on autrefois adulée.Jerry Schatzberg ne s’est jamais caché de s’être inspiré du destin du célèbre top model Ann Saint Marie qui, mis sur le bord de la touche, sombra dans une grave dépression. C’est ce passage du temps sur un être qui domine le film, non dans le creusement des rides sur un visage toujours lisse, mais dans le détachement par rapport à un modèle, un canon, qui d’un seul coup d’un seul passe à l’as, en laissant sur le bord du chemin, non sans mépris, ceux qui l’ont incarné.Difficile et âpre leçon de vie que traduit Portrait d’une enfant déchue , dans sa lumière solaire captée dans la maison sur la plage, lieu de la confession, et la froideur des studios de photo où le modèle traité comme un objet est modelé, trituré, dépersonnalisé, pour mieux le jeter, une fois consommé.

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Portrait d'une enfant déchue

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