Le réalisateur américain William Friedkin se livre à un cours de cinéma au micro de François Busnel alors que son film "Killer Joe" sort en salle. Où l’on apprend que le film "L’Exorciste" n’aurait jamais existé sans Alain Resnais.

Le réalisateur américain William Friedkin
Le réalisateur américain William Friedkin © Getty / Dominique Charriau

Killer Joe, le dernier film de William Firedkin, interroge les origines du mal et de la violence. Réflexion présente dans toute son œuvre, influencé qu’est le réalisateur par ce moment où adolescent maltraité il se rebelle contre son bourreau et ressent “l’impulsion de donner la mort”.

Willy, le dingue

Friedkin n’a jamais eu peur de rien et surtout pas des censeurs qui se comporte avec ses films comme les généraux américains avec le Vietnam : “Le seul moyen de le sauver c’est de le détruire”. Quand ils veulent jouer, il se joue d’eux. On lui demande de refaire 50 fois le montage du film La Chasse : il réussit à sauver des scènes pornographiques montées de façon subliminale. 

“Foutaises” répond William Friedkin à la question de savoir s’il a réellement tiré un coup de révolver sur le plateau de L’exorciste. Non … il a juste tiré un coup de revolver non chargé pour provoquer de “la surprise et de l’effroi” chez son acteur car il n’avait pas “les moyens de s’offrir un démon”. 

Pas de Friedkin sans Nouvelle Vague

Friedkin devient cinéaste après avoir vu Citizen Kane. Mais le vrai “pouvoir du cinéma”, il le découvre avec la Nouvelle Vague. Jean-Luc Godard ou Alain Resnais changent la définition du cinéma au point que la télévision américaine en garde la trace aujourd’hui. 

Il admire ces techniques cinématographiques nées de la nécessité. Il rappelle que Jean-Luc Godard dans A bout de souffle est contraint d’innover pour pallier le manque de moyens. 

Pas d’Exorciste sans Alain Resnais

Friedkin raconte que pour L’Exorciste, il a piqué à Alain Resnais la technique de la perception subliminale utilisée dans Hiroshima mon amour. Il ironise alors sur cette technique qui a fait couler tant d’encre mais dont la paternité revient à Alain Resnais. 

Le réalisateur insiste sur cette transmission fondamentale au cinéma : “ce sont les films qui donnent naissance à d’autres films.” 

Son cinéma est-il politique ?

Non surtout pas, répond Friedkin. Pour lui, un film ne porte que sur lui-même. Il n’est ni un symbole, ni une métaphore. Comme le critique français André Bazin, il pense que c’est aux spectateurs de décider la signification d’un film.

Les invités
L'équipe