Toutes vos questions sur les masques : en porter ou pas? Lesquels? Où les trouver? Comment les fabriquer ? Des médecins, une pharmacienne, un représentant de l'Académie de médecine, un général expert en risques biologiques sont là pour vous répondre.

Vos questions sur le masque médical
Vos questions sur le masque médical © Getty / Aleksandr Zubkov

12h30 - 13h : faut-il rendre le port du masque obligatoire ? Comment et où en trouver ?

Nos invités : 

  • Professeur Yves Buisson : président de la cellule de veille scientifique de l'Académie nationale de médecine
  • Carine Wolf-Thal, Présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens
  • Professeur Daniel Garin : médecin du travail chez MT2i (service de santé au travail inter-entreprise) Professeur agrégé du Val de Grâce, ancien directeur de l'IRBA (institut de recherche biomédical des armées).
    Il a fait un tuto sur internet pour fabriquer son propre masque 
  • Michael Rochoy, médecin généraliste. Il vient de créer un site web : stop-postillons.fr

Extraits de cette première partie d'émission : 

Voilà ce que dit le président du conseil scientifique, le professeur Jean-François Delfraissy : "Porter un masque, c'est surtout pour protéger les autres, si on est soi-même, par exemple, porteur du covid-19 mais asymptomatique. Par contre, en sens inverse, est-ce qu'un masque protège vis-à-vis des autres ? Là, les données sont beaucoup moins certaines, beaucoup moins fiables.

Tout l'enjeu est de pouvoir en effet avoir ce type de masques "usuels", non professionnels, mais de ne pas penser qu'on va être protégé par ce masque et de conserver les mesures de protection habituelles qu'on répète au cours du confinement. 

Je pense qu'il faudra accompagner la sortie du confinement d'une utilisation très large des masques par la population."  

Faut-il vraiment porter un masque si on respecte déjà la distanciation sociale ?

Yves Buisson : "Votre auditrice a raison dans le principe, mais tort dans la pratique. Je suis allé faire quelques courses alimentaires ce matin, et je fais très attention au respect des normes de distanciation sociale, mais c'est difficile. Dans les allées d'un magasin, vous croisez différentes personnes, des clients ou des gens du magasin, de très près. Donc, il faut ajouter une mesure supplémentaire et se couvrir le nez et la bouche avec un masque, de façon à éviter les projections, les postillons.

Dès maintenant, le port du masque est obligatoire pour tous les gens qui passent dans l'espace public.

Y a-t-il encore/à nouveau des réserves de masques dans les pharmacies ?

Carine Wolf-Thal : "Les masques dont nous disposons pour la plupart sont des masques "stock État". Ils sont acheminés dans les pharmacies pour être redonnés aux professionnels de santé de ville et en aucun cas être distribués au public, qu'il soit malade, que ce soit sur ordonnance ou autre situation." Elle précise également que cela ne concerne pas "les personnels des maisons de retraite [qui] font partie d'un autre circuit des distribution"

Les pharmacies peuvent-elles vendre des masques non médicaux ?

Carine Wolf-Thal : "Légalement, nous ne le pouvons pas. Les pharmacies ne peuvent vendre qu'une certaine liste de matériels, définie par décret. Aujourd'hui, les marques non sanitaires ne font pas partie des articles que nous pouvons vendre en officine"

Comment un masque peut-il être périmé ?

Pr Daniel Garin : "Les masques sont testés sur une certaine durée ; on ne peut pas garantir, au-delà de cette durée, les performances... Même si on sait que sur la plupart de ces masques, qui sont donc en polypropylène, les capacités de filtration ou anti projection restent maintenues lorsque les durées de conservation ne sont pas trop longues et lorsque les conditions de conservation ont été respectées".

Il vaut mieux un masque périmé que pas de masque du tout : "A partir du moment où on a un écran devant la bouche, on a la possibilité de protéger les autres, ce qui est le principal usage de ce type de masque.

FFP2, chirurgical, ou fait-maison : quel masque pour quel usage ?

  • Le masque FFP2

"Il filtre l'air inspiré, donc de l'extérieur vers l'intérieur. C'est  un équipement de protection individuelle, qui va permettre de laisser à l'extérieur de la surface du masque les éventuelles bactéries et virus qui peuvent être inhalés par la personne qui le porte. Il protège aussi d'autres petites particules physiques qui peuvent être dangereuses.[En revanche] ça n'apporte aucune protection contre les vapeurs chimiques".

"L'usage aujourd'hui est hospitalier : les personnes qui vont réaliser des gestes à risques en face des personnes malades et de leurs voies respiratoires"

  • Le masque dit "chirurgical"

"Il a comme principal usage de filtrer l'air de l'intérieur vers l'extérieur.Le principe, c'est que lorsque le chirurgien opère, il ne se protège pas de la plaie qu'il vient de traiter ou du ventre qu'il vient d'ouvrir, il protège cette plaie ou ce ventre ouvert de ses propres bactéries. Souvent, ce n'est pas très bien compris :

Lorsqu'en Asie, on voit des gens qui portent des masques dans la rue, quand ils sont enrhumés, ce n'est pas pour se protéger, mais bien pour protéger l'environnement humain.  

Ce n'est pas un équipement de protection individuelle".

  • Le masque dit "alternatif" ou "fait-maison", en tissu

"Là, on est dans un usage exclusif qui est d'empêcher la projection des postillons contaminants dans l'environnement, lors de la toux ou de l'éternuement [donc de l'intérieur vers l'extérieur]. Dans ce cas là, il vaut mieux avoir des tissus plus serrés que le molleton. 

Ça reste une protection efficace ; elle ne répond par contre à aucune norme.

Il n'y a pas de filtration de l'air qui va l'empêcher d'être contaminé par des aérosols de quelqu'un qui aura éternué à côté de vous, mais [...] cela permet aussi d'éviter un certain nombre de mouvements des mains vers la bouche, en particulier lorsqu'on est à l'extérieur et que les mains peuvent se contaminer."

Le professeur Daniel Garin a réalisé un tutoriel pour fabriquer un masque à partir d'une serviette en papier. Il précise que ce tutoriel a été réalisé avant que la France soit touchée par le coronavirus, _"il a été fait sur un coin de table en moins d'une heure dans le but d'aider les gens qui étaient isolés en Asie du Sud-Est et qui n'avaient aucun moyen, ni de culture, ni de fourniture des masques traditionnels [...]  Oui, on peut utiliser du papier, mais il vaut mieux utiliser des multi-couches"_)

(pour d'autres tutos sur la fabrication de masques, rendez-vous sur le site stop-postillons.fr)

Quand faut-il porter le masque à la maison ?

Yves Buisson: "Le port d'un masque, au moins pendant la première semaine de la maladie, en présence d'une autre personne, permet d'énormément limiter le risque de contamination. Dans cette situation-là, il faut que la personne malade reste dans une partie de la maison qui lui était dédiée, avec des échanges avec son entourage qui soient le plus limité possible." 

La population française acceptera-t-elle de se couvrir le visage ?

Yves Buisson : "Ce n'est pas une habitude française mais.

je pense que cette épidémie sera au moins utile à cela : on aura peut être fait comprendre à la population le port du masque façon asiatique : mettre un masque lorsqu'on est soi même contaminant.

Lorsqu'on a un rhume, une bronchite, une angine, on porte un masque pour ne pas contaminer les autres. Je crois si on explique bien cela à la population, elle est prête à l'accepter. On voit tout de même que beaucoup de personnes, maintenant, mettent le masque bien qu'effectivement ce et ne soit pas culturel, on s'y met. 

Le port obligatoire du masque devrait s'appliquer le plus tôt possible et devra accompagner toute la phase de déconfinement

Et le programme de la suite du Grand Rendez-Vous  

  • 12h56 : "Carnets de solution" de Philippe Bertrand  

Le site bipsoin.fr pour renforcer les équipes de soignants. En 2017, trois associés créaient une plateforme de mise en relation des structures de santé (cliniques, centres de soin, maisons d’accueil spécialisé...) afin d’aider les vacataires de la santé à intervenir in situ selon les besoins.

  • 13h : le journal   
  • 13h30 - 14h : Le grand rendez-vous, le mag, avec :

Le Virus au carré : Avec Mathieu Vidard et son invité Marc-André Selosse, biologiste, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle. Il enseigne également dans les universités de Gdansk (Pologne) et de Kunming (Chine).  Il a écrit « Jamais seul. Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations » chez Acte Sud.

#maviedeconfiné messages du répondeur 01 56 40 68 68  ·         

Michka Assayas et son choix musical 

La prescription culture de Giulia Foïs : Virginie Despentes, Nina Bouraoui et... Tina Turner !

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