Le directeur général de Paris Habitat réagissait à la demande du gouvernement de répercuter les baisses d'APL sur les recettes des bailleurs.

La baisse de 50 euros des APL pour les locataires en HLM sera compensée par une baisse des loyers, a assuré mercredi Édouard Philippe
La baisse de 50 euros des APL pour les locataires en HLM sera compensée par une baisse des loyers, a assuré mercredi Édouard Philippe © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Après la baisse de cinq euros des APL pour les étudiants, les aides versées dans le cadre de logement HLM vont elles-aussi être diminuées. Un coup de rabot de 50 euros mensuel qui ne devrait avoir "aucun impact" sur les bénéficiaires des APL dans le logement social, assure mercredi Édouard Philippe. Sur France 2, le Premier ministre a précisé mercredi que cette baisse serait compensée par une baisse des loyers.

Pas d'effet sur les locataires HLM donc ? Une affirmation pourtant loin d'être partagée par Stéphane Dauphin, le directeur général de Paris Habitat, invité de Sébastien Laugénie ce mercredi dans le journal de 13h.

Le bailleur social s'est tout d'abord montré surpris d'avoir été "mis devant le fait accompli" : "La concertation a été très rapide et peu développée auprès des acteurs du logement social. On n'a même pas eu le temps de travailler sur le scénario, aujourd'hui."

Mais surtout, Stéphane Dauphin s'alarme des conséquences, "à très court terme", de l'absorption de cette baisse d'aides au logement, "équivalente à la moitié des fonds propres de Paris Habitat", selon les projections réalisées par l'organisme. Des fonds propres pourtant essentiels car réinvestis en totalité dans l'entretien et la rénovation des logements existants ainsi que dans la création de nouveaux logements sociaux. "Je n'ai pas d'actionnaires, pas de dividendes" martèle Stéphane Dauphin.

Les 68 millions d'euros dégagés chaque année par Paris Habitat sont intégralement injectés dans le patrimoine, avec "aujourd'hui à Paris", par exemple, des loyers HLM "trois à quatre fois inférieurs aux loyers du parc privé', tout cela grâce au financement en fonds propres. En divisant par deux ces fonds propres, le bailleur social assure perdre en moyens de construction et de rénovation : "Si on baisse nos moyens de construire, on va mécaniquement baisser la qualité."

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